Sols blancs et murs fuschia, musique d'ambiance électronique, présence de «vendeurs-conseil »... Niché à l'arrière du magasin Gifi, en haut de la route de Vannes, un sex-shop d'un genre nouveau a ouvert ses portes il y a six semaines. Sexity, qui se présente comme un «Sephora du sex-toy», entend en effet se placer «aux antipodes des sex-shops traditionnels» des quartiers de la gare et Feydeau, jugés «particulièrement glauques». «On est plutôt en concurrence avec les sites Internet», tranche même Thomas Ferrier, qui a revendu ses deux magasins de jeux vidéo d'occasion, place du Commerce et rue des Halles, pour créer sur 250 m2 cette « grande surface classe et élégante» avec son frère, sa soeur et son père. Outre les sex-toys, on y trouve des DVD pornos, des huiles de massage ou encore de la bibliographie spécialisée. Une cabine d'essayage permet aussi d'enfiler la lingerie fine.
«C'est bien que ce soit en retrait de la route de Vannes, ne serait-ce que pour les gens un peu timides», note Anne, 29 ans, venue hier de Rezé avec son mari Sébastien. «C'est très propre, et pas aussi malsain que les sex-shops de la gare», enchaîne son mari, une poche plastique de jeux érotiques à la main. «Le sol blanc, je trouve ça un peu froid... même si c'est vrai que ça fait clean», note pour sa part Antoine, 21 ans, accompagné d'une amie.
Du côté des sex-shops traditionnels, les réactions varient. «La mauvaise image qu'on nous colle est un faux procès: depuis les années 1970, ça a bien changé», s'agace Eric, qui tient depuis 1993 le Vénusia, dans le quartier Feydeau. «De toute façon, on ne s'inquiète pas. Nous sommes ouverts jusqu'à 2 h du matin, alors que Sexity ferme à 20 h.» A Sexy Gare, on prend les choses avec philosophie. «Pendant longtemps, on était les seuls sur le créneau, et l'arrivée de concurrents ne nous a pas fait couler», hausse des épaules sa gérante, qui tient la boutique depuis trente-trois ans. «Le soleil brille pour tout le monde.»