Projet utopique ou simplement nostalgique ? Cinquante ans après le démontage du pont transbordeur de Nantes, une association milite depuis quelques jours pour la reconstruction d'un ouvrage identique au-dessus de la Loire. Haut de 50 m et large de 190 m, le pont métallique, conçu par Ferdinand Arnodin, a dominé la ville durant cinquante-cinq ans. Il servait à transporter, sur une nacelle, les piétons et véhicules de part et d'autre du bras de la Madeleine. Mais son coût d'entretien et l'essor automobile avaient motivé son démantèlement en 1958.
« Quand le pont a disparu, c'est toute l'identité de la ville qui s'est brisée, estime l'architecte Paul Poirier, fondateur de l'association Les Transbordés. Aujourd'hui encore, les Nantais éprouvent le besoin de se réconcilier avec la Loire. Remettre un pont transbordeur serait un signe fort, le genre de projet d'envergure qui ferait demain que Nantes continuerait d'être attractive. » Selon l'association, un tel édifice aurait deux utilités : faciliter les déplacements et attirer des touristes. « Il pourrait transporter les piétons, les cyclistes et même des bus. Ce serait idéal pour désengorger les accès à l'Ile de Nantes », affirme l'économiste Arnaud Biette. « A Bilbao (Espagne) et Newport (Royaume-Uni), ils ont conservé leur pont et ça marche du feu de dieu sur le plan touristique, fait remarquer Paul Poirier. Ici, on pourrait imaginer un point de vue panoramique et un restaurant au sommet du tablier. » L'emplacement « idéal » de l'ouvrage reste à déterminer. Son prix, lui, est évalué à 15 millions d'euros minimum.