Les pieds dans l'eau, à picorer dans la vase et le sable, on dirait des hérons. Hier matin, à l'occasion des gros coefficients de marée, une soixantaine de particuliers étaient venus ramasser les coquillages à la pointe de Merquel, dans la commune de Mesquer. Un loisir certes gratuit, mais pas illimité : selon la loi, chaque amateur ne peut repartir avec plus de 5 kg de coques. Surtout à cet endroit, où les ressources en coques sont jugées « fragiles ».
Jumelles en main, quatre agents des affaires maritimes étaient venus hier inspecter les paniers à l'improviste des particuliers. « Cela permet aussi de traquer les pêcheurs professionnels clandestins, qui ne paient pas de cotisations sociales », explique Marc Gallène, contrôleur à l'Ulam (unité littorale des affaires maritimes) de Loire-Atlantique. René et Gérard, respectivement 68 et 57 ans, sont ainsi les premiers amateurs à se faire attraper. La balance électronique à l'arrière de la fourgonnette des aff'mar' a tranché : les deux amis repartaient avec le double du quota autorisé. « Ça gâche le plaisir de la pêche, maugrée Gérard, ancien élu d'une commune voisine. Je comptais les cuisiner en omelette pour mon gendre. »
Guy, 58 ans, jure, lui, qu'on ne le reverra pas de sitôt à Mesquer. Ce gendarme à la retraite, venu exprès d'Angers (Maine-et-Loire) pour les grandes marées, allait s'en retourner avec près de 14 kg de coques. Théoriquement passible d'une convocation devant le tribunal correctionnel, il en sera quitte pour une amende.