Au lycée d'Orvault, on boit la bière avec classe

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Publié le 12 mars 2008.

REPORTAGE - Faux clients, mais vrai jury. Mercredi, se tenaient les sélections régionales du «concours de biérologie»...

«Bonjour Messieurs, qu’est-ce que je vous sers?» Affublé d’un tablier aux couleurs de la compétition, Frédéric prend note de la commande de ses deux faux-clients-mais-vrai-jury, assis à la table d’un café tout aussi fictif. Elève au lycée hôtelier de Dinan (Côtes-d’Armor), ce lycéen de 21 ans participait ce mercredi après-midi aux sélections régionales du «concours de biérologie», organisé par la firme Heineken au lycée hôtelier Nicolas-Appert d’Orvault (Loire-Atlantique), près de Nantes.
 
Après des conférences (notamment sur «la consommation responsable») le matin, les six candidats du grand Ouest –tous majeurs– se disputaient une place pour la finale nationale des 15 et 16 mai au travers une série d’épreuves pratiques. Tirage de la bière pression, service de la bière en bouteille, analyse sensorielle, «alliances bières et mets»… Pour Heineken, l’objectif est de faire naître des vocations d’«expert de la bière», comme il existe des œnologues pour le bon vin.

Avec ou sans alcoool
 
«Il faut rendre ses lettres de noblesse à la bière, qui est encore trop souvent associé à l’alcoolisme», explique Hervé Marziou, «biérologue» et «père» de la compétition. «Beaucoup de femmes croient qu’elle fait grossir, alors que ce n’est vrai que quand on grignote des produits céréaliers à côté. Comme des gâteaux apéritifs, par exemple», assure-t-il.
 
Le «concours de biérologie» fait aussi la part belle aux dégustations de bières sans alcool, qui souffrent pourtant d’une piètre réputation. «Les premières Tourtel avaient un goût de céréale cuite, car la fermentation était stoppée très tôt», convient Hervé Marziou. «Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.»
 
Un poste «unique»

Salarié par la firme néerlandaise, cet expert de 61 ans se défend toutefois de tout «coup marketing». «Forcément, je vais peut-être citer des bières du groupe, mais je parle surtout des grands types bières (bières de désaltération, bières à haute fermentation, etc.)...»
 
La firme hollandaise lui alloue chaque année un budget de 75.000 € pour monter la compétition. «Je n’aurais pas ces moyens si j’étais salarié d’une association comme celle des Brasseurs de France», ajoute l’expert, dont le poste –créé à sa demande– est «unique» dans le monde des brasseries.

Plaisir
 
Pendant ce temps, Frédéric a terminé son service fictif devant ses pseudo-clients, pas mécontent de lui. «La bière est une boisson que j’adore», explique le jeune homme. «Elle mériterait d’avoir meilleure réputation... C’est une boisson-plaisir, qui ne sert pas qu’à se prendre des caisses.»
A Nantes, Guillaume Frouin
13.000
Chaque minute, 13.000 bouteilles de 25 cl de Heineken sont ouvertes sur la planète. La consommation de bière est en constante régression en Europe de l’Ouest (sauf en Espagne) depuis 1975. «Tant mieux si le gros consommateur de bière boit moins, voire disparaît», juge Hervé Marziou.
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