• Le nouveau CHU de Nantes doit ouvrir ses portes sur l’île de Nantes en 2026.
  • Les élus d’opposition ont sollicité un rendez-vous auprès de la ministre de la Santé afin de lui présenter un « dossier appuyé par des témoignages d’experts ».

Issu du regroupement des hôpitaux Hôtel-Dieu et Laënnec, le nouveau CHU de Nantes ouvrira-t-il ses portes comme prévu sur l’île de Nantes, en 2026, à proximité du pont des Trois-Continents ? Le projet semble bien avancé mais les élus d’opposition de la mairie de Nantes, hostiles depuis le départ au choix de l’île de Nantes, espèrent encore pouvoir empêcher cette « erreur ». Les fortes incertitudes pesant sur le déménagement de l’Institut de cancérologie de l’ouest (ICO), de Saint-Herblain à l’île de Nantes, ont renforcé leur conviction. « Le choix du site n’est pas irréversible. La dynamique est en train de bouger. On n’a pas encore atteint le point de non-retour », est convaincue Laurence Garnier (LR), chef de file de l’opposition.

La ministre de la Santé sollicitée

Outre l’absence probable de l’ICO, les élus reprochent au site de l’île de Nantes d’être difficile d’accès par la route, d’être situé en zone inondable, d’être techniquement difficile à construire en raison de la nature des sols, d’être probablement sous-doté en stationnement ou d’être positionné trop près des urgences de la clinique Le Confluent… L’opposition, qui préfère une implantation sur le site de l’hôpital nord où le CHU détient déjà des terrains, évoque aussi le « financement incertain » d’un projet estimé à environ un milliard d’euros (dont 225 millions d’euros à la charge de l’Etat).

Le site de l'hôpital nord (CHU) Laënnec à Saint-Herblain.
Le site de l'hôpital nord (CHU) Laënnec à Saint-Herblain. - C.Gobet/AFP

Les porteurs du projet, au premier rang duquel figurent la ville de Nantes et l’Etat, avancent comme arguments la centralité du site à l’échelle métropolitaine, la proximité de la faculté de médecine, du pôle logistique Sainte-Jacques et de plusieurs laboratoires de recherche, ou encore la facilité de desserte en transports en commun.

« La majorité des patients du CHU sont extérieurs à la métropole. L’argument de la proximité ne tient pas », rétorque Laurence Garnier. « Ce site a été choisi par Jean-Marc Ayrault pour doper l’urbanisation de l’île de Nantes. La possibilité d’un regroupement à Saint-Herblain a été écartée d’un revers de la main », estime Marc Reneaume, conseiller municipal sans étiquette.

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Considérant qu’ils se heurtaient « à un mur » à Nantes, les élus d’opposition ont sollicité un rendez-vous auprès de la ministre de la Santé afin de lui présenter un « dossier appuyé par des témoignages d’experts ». Ils demandent également à Johanna Rolland d’engager une concertation publique sur le choix du site.

La CGT se montre méfiante

Interrogée, la section CFDT du CHU de Nantes juge, de son côté, que le projet Ile de Nantes serait désormais « trop avancé pour faire marche arrière ». « Des terrains ont été acquis, les architectes ont été nommés, on discute des plans dans le détail. On y va tout droit », commente Mickaël Bocquier, secrétaire adjoint du syndicat. Pas convaincue par le choix du site, dubitative sur le financement du projet, la CGT se montre plus méfiante. « Tant que la première pierre ne sera pas posée, on n'y croira pas complètement », confie Olivier Terrien, secrétaire de la section CFDT.

Les deux syndicats s'accordent sur les inquiétudes portant sur les « efforts demandés aux agents pour dégager des économies en vue de financer le transfert », et sur la future offre de soins « sous équipée en nombre de lits ».

Sollicitée, la direction du CHU de Nantes n’a pas souhaité réagir.