Nantes: Les déchets s’amassent, un retour à la normale promis «d'ici à un mois»

PROPRETE Des dysfonctionnements surviennent dans la collecte des déchets alors qu'une nouvelle organisation a été mise en place depuis début novembre...

Julie Urbach

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Des ordures ménagères qui s'entassent à Nantes.

Des ordures ménagères qui s'entassent à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

  • A Nantes, des tas d'ordures sont de plus en plus visibles dans différents quartiers de la ville.
  • La faute à une réorganisation de la collecte des déchets, qui implique de nouvelles habitudes pour les rippeurs et les habitants.
  • La métropole annonce que la situation va s'améliorer «d'ici à un mois».

Des poubelles qui débordent, des sacs qui traînent par terre, des odeurs dans certaines rues… Depuis quelques jours, les ordures s’amassent de nouveau en centre-ville et dans différents quartiers nantais. En cause, la réorganisation de la collecte des déchets, qui après avoir été contestée par les éboueurs au printemps  est entrée en vigueur début octobre. « Un dispositif en cours de rodage », admet ce jeudi Michèle Gressus, la vice-présidente de Nantes métropole, qui promet « un retour à la normale d’ici à fin novembre ».

Des poubelles quai de la Fosse à Nantes, le 3 novembre 2017
Des poubelles quai de la Fosse à Nantes, le 3 novembre 2017 - G. Urbach/ 20 Minutes

Dans les faits, la réorganisation (dont l’objectif était de mettre fin au fini-parti, c’est-à-dire la possibilité de rentrer chez soi une fois le travail effectué) occasionne du retard dans certaines tournées. « On demande aux ripeurs un gros changement dans leurs pratiques, il faut qu’ils trouvent leur rythme », justifie Mauricette Chapalain, directrice du service des déchets à Nantes métropole. Par exemple, les quelque 200 éboueurs nantais ne sont plus autorisés à collecter simultanément des deux côtés de la rue. Ni à s’emparer des bacs deux par deux.

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« Les citoyens aussi doivent s’adapter, notamment à la modification des jours de collecte, reconnaît Mauricette Chapalain. Il y a eu aussi de la confusion à cause du 1er novembre, férié ». Selon la métropole, 5 % des rues (140 sur 3.000) ne sont aujourd’hui pas complètement collectées, un bilan « plutôt positif », mais qui « n’est pas satisfaisant pour les usagers concernés ».

Des secteurs de collecte trop vastes

Pour résoudre ces couacs, Nantes métropole a annoncé un prochain réajustement de certains circuits de ramassage. « On estime que 15 % d’entre eux sont surdimensionnés », indique Michele Gressus, dont les services travaillent avec un cabinet de conseil extérieur. Mais c’est aussi sur la « responsabilisation de tous » que la collectivité mise. « La majorité des agents s’implique, juge l’élue. Pour les autres, on reste dans une démarche d’écoute, mais une durée de deux mois d’adaptation nous paraît nécessaire et suffisante ».

Alors que la métropole rappelle que la réforme vise à « améliorer les conditions de travail des agents », tout en « renforçant l’efficacité et la pérennité du service public », ce changement ne semble toujours pas passer chez les syndicats. « Les agents sont dégoûtés. Après leur avoir demandé de changer de méthode, on leur dit que certains d’entre eux font preuve de mauvaise volonté, réagit Olivier Monsonnec, représentant CGT. Le problème ce sont les nouvelles règles qui ne nous permettent pas de mener à bien les tournées ».

Selon le syndicat, la réalité serait plus inquiétante que l’état des lieux communiqué ce jeudi par la métropole, à l’issue du comité d’évaluation. « Les tournées ne sont pas terminées dans un tiers des rues, avance Olivier Monsonnec. Si les moyens restent les mêmes, il faudra une baguette magique pour que la situation s’améliore. »