La récente mort par noyade de l’étudiant Hugo Poupet à l’issue d’une soirée passée au Hangar à bananes a ravivé les inquiétudes diverses ressenties par les clients de ce lieu festif de l’île de Nantes. Trois jeunes femmes nantaises ont ainsi lancé le 25 octobre une pétition en ligne réclamant à la mairie de Nantes un renforcement des mesures de sécurité au Hangar. Le texte, intitulé « Stop à l’insécurité critique au Hangar à bananes », reçoit un large écho puisque un peu plus de 15.000 signatures ont déjà été apposées.

« Devenu une zone de non-droit »

« Nous avons été choqués par les derniers événements au Hangar auxquels nous avons été victimes, nous, notre famille et nos amis : passages à tabac à répétition, harcèlements de rue, enlèvements, agressions physiques et sexuelles, rackets… Ces incidents devenus notre quotidien, entachent désormais notre vie et celle de notre ville. Nous avons atteint un point où les habitants ne sortent plus sans une peur systématique ou n’osent plus sortir du tout. »

La pétition conclut en demandant à la maire de Nantes, Johanna Rolland, de « prendre les dispositions nécessaires pour garantir un minimum de sécurité dans notre ville, en ayant une attention particulière pour le Hangar devenu une zone de non droit ».

L’opposition avance l’exemple bordelais

« Jusqu’à quand notre municipalité va-t-elle rester sans prendre la moindre décision
face à ces drames humains qui détruisent régulièrement nombre de familles
nantaises ? », s’interrogent aussi Laurence Garnier et les conseillers municipaux d’opposition. Ils avancent l’exemple bordelais. « Le site des Bassins à flot, entre Garonne et Lac, a fait l’objet dès 2012, après une série d’accidents, de mesures de
sécurisation. À la fois répressif et préventif, le dispositif bordelais couvre aussi bien l’installation de caméras de vidéosurveillance, de bouées, qu’une brigade fluviale et des
restrictions aux ventes d’alcool le soir dans les commerces. »

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La mairie ne peut pas être « responsable de tout »

Interrogé la semaine passée par 20 Minutes, Gilles Nicolas, l’adjoint au maire de Nantes chargé de la sécurité publique, considère que la ville a déjà « fait beaucoup de choses » pour la sécurité au Hangar (barrières, éclairage amélioré, bouées…), en particulier dans le domaine de la lutte contre l’hypercalcoolisation (contrôles renforcés des débits de boissons, poste de secours, Veilleurs de soirée, campagnes de prévention…).

Il rappelle aussi que la ville ne peut pas agir sur tout, les missions de police étant, par exemple, du ressort de l’Etat. « A chaque fois, c’est la mairie qu’on interpelle. Si on doit être responsable de tout, il faudrait déjà en avoir les compétences », indique l’élu.