Nantes: Encore en rodage, la monnaie locale SoNantes veut (enfin) franchir un palier

ECONOMIE Lancée il y a deux ans et demi, la monnaie locale complémentaire est aujourd’hui utilisée par 1.650 utilisateurs…

Frédéric Brenon

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Une carte de la monnaie locale SoNantes.

Une carte de la monnaie locale SoNantes. — S.Salom-Gomis/Sipa

  • SoNantes est une devise immatérielle dont la conversion est égale à l’euro.
  • L’objectif est de développer les échanges locaux dans l’agglomération nantaise.
  • Le volume de transactions progresse mais reste limité à un cercle restreint.

Quel bilan pour la monnaie locale SoNantes ? Deux ans et demi après sonlancement officiel dans l’agglomération nantaise, cette devise immatérielle (ni pièces, ni billets) dont la conversion est égale à l’euro (1 SoN = 1 euro), s’échange de plus en plus. Environ 7.000 transactions ont déjà été réalisées par 1.650 utilisateurs (177 entreprises et 1.473 particuliers). Ce petit monde a dépensé un total de 280.000 SoN, soit une moyenne de 10.000 euros par mois, selon les chiffres dévoilés lundi par La SoNantaise, l’association des adhérents.

Objectifs de départ « trop optimistes »

La majorité des paiements sont faits par des particuliers, surtout dans les commerces de proximité partenaires (boulangeries, bars, coiffeurs…). Mais les montants dépensés sont bien plus importants chez les professionnels (120 SoN en moyenne par achat contre 16 SoN pour un particulier).

« Depuis un an, ce sont les entreprises qui permettent d’accélérer les transactions. Elles utilisent SoNantes pour régler principalement des fournisseurs alimentaires, des artisans ou des services entre sociétés (comptabilité, entretien…) », explique Frédéric Perrin, directeur de la monnaie locale.

Bien qu’en croissance, SoNantes semble toutefois encore limitée à un cercle restreint. Ses résultats sont d’ailleurs très éloignés des objectifs initiaux annoncés (3.000 entreprises utilisatrices et 10.000 particuliers). « Les objectifs de départ étaient beaucoup trop optimistes, considère Stéphane de Guerny, président de l’association. Il n’y a rien d’alarmant. Les monnaies locales sont un modèle qui se cherche, partout en France. Ça prend du temps. Il nous faut maintenant franchir un palier. »

>> A lire aussi : Tout comprendre à SoNantes, la nouvelle monnaie locale en circulation

Les adhérents reprennent la main

Pour passer à la « vitesse supérieure », il a été décidé lundi soir, lors d’une assemblée générale extraordinaire, d’impliquer plus fortement le réseau d’adhérents. La gestion de la monnaie locale, confiée jusqu’à présent au Crédit municipal de Nantes, va ainsi être reprise par l’association SoNantaise. L’activité crédits inter-entreprises («  barter »), qui ne fonctionnait pas, sera mise en sommeil. Le Crédit municipal pilotera la gestion de la plateforme numérique dont une nouvelle version « plus efficace et offrant plus de fonctionnalités » sera lancée d’ici la fin d’année.

Autre nouveauté : les adhérents auront bientôt la possibilité de reconvertir leur SoNantes en euros « quand ils n’arrivent plus à les dépenser ». Des partenariats avec des services publics comme NGE, Nantes Habitat et l’Accoord doivent aussi être concrétisés. Le Voyage à Nantes et la TAN (à la boutique Commerce uniquement) adhèrent déjà au dispositif.

Développer les circuits courts

Pour rappel, l’intérêt de SoNantes « n’est pas de remplacer l’euro » mais de « développer les échanges entre acteurs locaux » puisque son usage est limité à l’agglomération nantaise. Une démarche qui relève de l’engagement citoyen mais offre aussi des facilités de trésorerie aux professionnels et leur permet d’intégrer un réseau local. Accessoirement, elle ouvre droit à des réductions chez les commerçants partenaires.

L’inscription est gratuite pour les particuliers. Un abonnement mensuel payant est demandé aux entreprises. Les transactions se font sur une carte magnétique rouge.