FC Nantes: «On me dit que je joue en Bulgarie car je n'ai pas le niveau pour la France», raconte N'dongala

INTERVIEW Avant Bulgarie-France de samedi, «20 Minutes» a retrouvé un ex-Nantais qui évolue dans le championnat bulgare...

David Phelippeau

— 

Le milieu offensif Daudet N'dongala.

Le milieu offensif Daudet N'dongala. — D.N.

La coïncidence veut qu’au moins deux ex-Nantais évoluent actuellement en Bulgarie (adversaire des Bleus samedi) et qu’ils portent le même nom : N’dongala (Aristote et Daudet). 20 Minutes a demandé au second nommé de raconter sa vie de footballeur professionnel dans un championnat bulgare, qui ne fait guère rêver de prime abord… Daudet N’dongala, milieu offensif gauche de 23 ans et ancien Nantais de 2012 à 2015, a d’abord joué au Slavia Sofia en 2015-2016 puis a rejoint la Turquie (deux formations en une saison) avant de revenir en Bulgarie pour évoluer actuellement avec le club de Botev Plovdiv.

>> A lire aussi : Bulgarie-France: «S’appeler Kostadinov, c’est un avantage pour venir jouer en Ligue 1, non? »

Comment se retrouve-t-on un jour obligé de partir jouer en Bulgarie ?

En 2015, après Nantes, je me retrouve sans club. Une personne [un joueur] qui me suivait depuis très longtemps me propose de signer au Slavia Sofia. Franchement, j’avais 20 ans, ce n’était pas facile de partir là-bas. C’était un nouveau monde pour moi. Je n’avais pas l’habitude de beaucoup voyager. Je ne voulais pas y aller au début… Mais, je n’avais rien d’autre. J’étais dégoûté du foot. Je me suis dit pourquoi pas.

>> A lire aussi : Bulgarie-France: Comment va-t-on jouer à se faire peur toute la semaine?

Vous connaissiez ce pays ?

Je ne connaissais pas du tout le pays. Je ne savais même pas que c’était en Europe.

Racontez-nous votre arrivée…

J’arrive seul. C’est dur car j’ai toujours été le fils à maman. Même quand j’avais signé à Nantes, ma mère était toujours à côté de moi. J’étais perdu. C’était dur psychologiquement. Quelques joueurs français heureusement m’ont bien accueilli. Mais j’ai voulu arrêter et rentrer plusieurs fois… Il y a en plus beaucoup de discriminations dans ce pays. J’ai ressenti ça dès le début : à l’aéroport, les Bulgares me regardaient bizarrement. Moi, en plus, j’ai l’habitude de faire des coupes de cheveux spéciales. Bon, aujourd’hui, j’en rigole…

Il y a de l’engouement au moins pour le foot ?

Non, pas beaucoup. Ce n’est pas le sport phare. Les Bulgares adorent les sports de combat. Quand je jouais au Slavia Sofia, il y avait seulement 2.000 à 3.000 personnes dans les tribunes. C’est différent depuis que j’ai signé au Botev Plovdiv, vainqueur de la Coupe de la Bulgarie la saison dernière. C’est un des tops clubs de Bulgarie. C’est une famille ici. Ce n’était pas du tout comme ça à Sofia où c’était très froid. Mais de manière générale, les footballeurs sont considérés comme tout le monde là-bas. Les gens te reconnaissent, te saluent et font parfois des photos, mais il n’y a aucun mouvement de foule quand tu apparais dehors ! Les Bulgares, qui aiment beaucoup les Français, me disent souvent que je joue chez eux car je n’ai pas le niveau pour jouer en France.

Pourquoi n’avoir fait qu’un an à Sofia ?

Il y a eu beaucoup de retards de salaires là-bas. Je suis donc parti en Turquie. J’ai fait deux clubs en une saison et là aussi, il y avait des retards de salaires.

Au Botev Plovdiv, aucun souci de rémunérations ?

Pas encore de problèmes… Je connais ce pays, c’est pour ça que je ne dis pas encore. Dans la plupart des clubs bulgares, il y a de gros soucis financiers.

Vous voyez vous rester longtemps en Bulgarie ?

Sincèrement, je ne me vois pas rester trop longtemps là-bas. Mon objectif est de revenir en France car j’ai une petite revanche à prendre. Je travaille dur tous les jours pour ça. J’ai confiance en moi, même si je sais que je suis actuellement dans un championnat anonyme. C’est un passage de ma vie qui va me faire prendre en maturité. Mes proches sentent que j’ai changé depuis que je suis là-bas.

>> A lire aussi : L’assistant vocal d'Apple confond l'hymne national de Bulgarie avec le tube «Despacito»

Pourquoi parlez-vous de revanche ?

Vu comment on m’a viré de Nantes, ça m’a fait mal. Je me souviens des propos tenus : « Tu ne deviendras jamais un joueur pro, tu n’as pas la mentalité pour ! » J’ai une revanche à prendre donc.

>> A lire aussi : FC Nantes: Abdoulaye Dabo entre dans l'histoire du club en signant pro à 16 ans!

 

Mots-clés :