Si aucune commune de l'agglomération nantaise n'est épinglée par le palmarès 2008 des très mauvais élèves français en matière d'accueil de logement social, que vient de dresser la Fondation Abbé-Pierre, la situation n'est pas pour autant idyllique. En effet, seuls Nantes et Saint-Herblain atteignent à ce jour le cap de 20%, fixé par la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). A l'inverse, dix communes se situent en dessous des 10%. Six sont de droite, quatre de gauche. «Je ne me sens pas coupable, la situation actuelle ne résulte pas d'une volonté délibérée, mais d'un héritage historique, explique Laurent Dejoie, maire UMP de Vertou, ville la plus en retard. Pendant longtemps, les bailleurs sociaux ne se bousculaient pas pour venir à Vertou et la ville ne souhaitait pas y voir s'ériger des barres d'immeubles. Aujourd'hui, toutes nos constructions prévoient au moins 20% de social. Et puis la loi laisse vingt ans aux communes pour s'y conformer.»
«Il n'y a pas de hasard, c'est le résultat de cinquante ans de choix d'urbanisation, estime Charles Gautier, maire PS de Saint-Herblain, premier de la classe dans le domaine. Pour rattraper leur retard, les communes doivent se fixer des objectifs ambitieux, au-delà des 20%». «Nous faisons des efforts, mais on part de loin, le rattrapage ne va donc pas se faire du jour au lendemain», analyse Christian Couturier, maire PS des Sorinières qui, à l'instar de la Chapelle-sur-Erdre ou du Pellerin, s'est obligé ces dernières années à un taux d'habitat social compris entre 25% et 35% pour tout nouveau projet groupé, public ou privé.