«Il n'y a pas de traitement pour guérir la maladie de Crohn»

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Publié le 12 février 2008.

INTERVIEW - Cette maladie inflammatoire de l’intestin touche 900 personnes en Loire-Atlantique...

Entretien avec le docteur Arnaud Boureille, chercheur et médecin gastro-entérologue au CHU de Nantes.


Vous poussez aujourd’hui un cri d’alarme face à la progression de la maladie de Crohn, quelles sont ses caractéristiques?
C’est une maladie qui est apparue dans les années 1950. Elle est diagnostiquée sur de jeunes adultes entre 15 et 35 ans. C’est une maladie inflammatoire de l’intestin qui est chronique, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de traitement pour la guérir. Elle n’est pas mortelle, mais très handicapante.

Quels en sont les symptômes?
Ce sont des symptômes qui altèrent gravement à la qualité de vie. Il s’agit de diarrhées chroniques, de douleurs intenses au ventre et d’un amaigrissement. Il faut savoir qu’en moyenne, les malades subissent une crise par an mais cette crise peut durer de deux semaines, si elle est prise à temps, à plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Quelles sont les causes de la maladie de Crohn?
Aujourd’hui, nous ne pouvons pas en établir les causes exactes. Tout ce que nous savons, c’est qu’une somme d’anomalies sur plusieurs gènes favorise le développement de la maladie. On sait également que des facteurs environnementaux ont un impact, mais ils sont mal connus.

Pourquoi attirer l’attention aujourd’hui?
Parce que la maladie est en augmentation constante depuis sa découverte. Rien qu’en Loire-Atlantique, on recense actuellement 900 cas. Les médecins généralistes, qui sont en première ligne lors des diagnostics doivent être mieux informés, ainsi que les familles des patients car c’est une maladie très complexe. De plus, il existe depuis dix ans environ des biothérapies. Ces nouveaux traitements ont considérablement amélioré la qualité de vie des malades. Cependant, il existe tout de même un traitement chirurgical, lorsque les médicaments ne suffisent plus et qu’il y a des complications. Mais cette maladie est récidivante, on peut donc très bien couper 20 centimètres d’intestin et que la maladie reparte autre part.

Quelle est la particularité du CHU de Nantes en ce qui concerne les maladies de l’appareil digestif?
Il y a une spécificité dans la prise en charge. Dans le même lieu géographique, on a unité de soin, une unité de recherche clinique et une unité de recherche fondamentale. La vocation de l’institut est donc de faire travailler ensemble des médecins, des chirurgiens et des chercheurs. Le CHU est un centre de référence dans la
région en ce qui concerne les maladies inflammatoires.

Sur quoi travaille actuellement le laboratoire?
Nous sommes sur deux pistes de travail. D’abord avec la recherche des gènes et des facteurs qui sont impliqués dans le déclenchement de la maladie. Et nous travaillons également à prévoir le cours évolutif des patients car chaque maladie évolue différemment.
Recueilli par Annabelle Rouleau, à Nantes
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