Quatre mois après le procès de la catastrophe du Queen Mary 2, le tribunal correc- tionnel de Saint-Nazaire a condamné hier les sociétés Chantiers de l'Atlantique, où s'est produit le drame, et Endel, concepteur de la passerelle, à 177.500 euros d'amende chacune. En revanche, il a relaxé leurs huit salariés, qui étaient également poursuivis pour «blessures et homicides involontaires». Ils encouraient pour cela trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende chacun.
«Qui les a tués, alors? Personne ne les a tués... Personne! C'est une honte», s'est exclamé Yann Bartolomé, qui a perdu sa mère et son grand-père dans l'effondrement de la passerelle. Le jeune homme a quitté la salle d'audience sous les applaudissements, alors que le président énonçait les jugements. «Le tribunal a l'obligation d'appliquer le droit», a alors rappelé Alain Le Dressay, le président. «Il est beau, le droit français...», lui a répliqué un homme dans la salle. «Vous avez des députés, demandez-leur de changer la loi.» «Quelque part, c'est scandaleux», a réagi à la sortie du procès Yves Violette, président de l'association des victimes. «On se demande ce qu'il faut faire pour être condamné...»
Désormais, un éventuel procès en appel ne pourra avoir lieu qu'à l'initiative du procureur, selon une avocate. En octobre, celui-ci avait réclamé 307.500 euros d'amendes pour chacune des deux sociétés, et trois ans de prison avec sursis, plus une éventuelle amende, pour leurs huit salariés.