Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire rend cet après-midi son jugement dans le procès de la catastrophe du Queen Mary 2. Le 15 novembre 2003, aux chantiers navals, la chute d'une passerelle d'accès au paquebot avait tué 16 personnes et blessé 29 autres.
Au terme du procès, en octobre dernier, la « frustration » et la « déception » prédominaient chez les survivants et familles de victimes. Le procureur de la République avait réclamé l'amende maximale pour les Chantiers de l'Atlantique et Endel, le fournisseur de la passerelle (225 000 euros, plus 7 500 euros pour chacune des neuf contraventions), mais seulement requis de la prison avec sursis pour leurs huit salariés. « Serait-il opportun d'envoyer toutes ces personnes au casier judiciaire vierge en prison ? Je ne le crois pas », avait justifié Pierre-Marie Block.
Des réquisitions jugées « trop faibles » par les 130 parties civiles, qui ont réclamé au total plus de 12 millions d'euros de dommages et intérêts. Jugés pour « blessures et homicides involontaires », les huit salariés des Chantiers de l'Atlantique et de Endel encourent chacun trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.