Nantes: Une étudiante se penche sur le problème des eaux usées en Inde

INNOVATION Diplômée de l’Ecole du design, Marie Etlin a imaginé un système inédit de traitement des eaux usées de la capitale indienne…

Mikael Libert

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Image de synthèse du projet Newater Delhi.

Image de synthèse du projet Newater Delhi. — Ecole de design de Nantes

Le problème du robinet. Dans le cadre de ses études à l’Ecole de design Nantes Atlantique, une jeune femme a imaginé un projet révolutionnaire de traitement des eaux usées dans les vieux bâtiments de New Delhi, la capitale de l’Inde.

Marie Etlin est aujourd’hui est sortie diplômée, en 2016, de l’Ecole de design de Nantes. Son projet de fin d’études, pour lequel elle a reçu la mention « très bien » ainsi que le prix spécial du jury, traitait de « l’eau et l’innovation énergétique dans le milieu urbain ». Intitulé « Newater Delhi », ce projet visait à répondre à la problématique de l’eau potable dans la mégalopole indienne qui compte 25 millions d’habitants.

Une question simple

Alors qu’elle effectuait le programme de cycle master « Design et interculturalité en Inde », Marie Etlin s’est posé une question simple : « Pourquoi est-il si difficile d’obtenir de l’eau courante propre et saine en Inde ». Sur place, l’étudiante a constaté des lacunes dans l’approvisionnement en eau des bâtiments, notamment au niveau des installations, souvent vétustes et mal entretenues.

Outre les évidentes inégalités dans la distribution de l’eau potable, le système actuel est d’autant plus en danger que la population de Delhi va augmenter de 30 % d’ici à 2020 suscitant une augmentation de la consommation d’eau de 40 %. Grâce à la rivière Yamuna, le souci, ce n’est pas tant le manque d’eau que la pollution. Le projet Newater Delhi prévoit donc de potabiliser les eaux usées et de traiter celles qui seront rejetées.

Système de recyclage intégré

Grâce à des systèmes de filtration disposés sur les toits des bâtiments, une partie de l’eau va être traitée afin de la rendre potable. Une gouttière spécifique installée en façade va ensuite distribuer l’eau saine aux habitants. La partie de l’eau qui n’est pas destinée à la consommation sera traitée à part dans un système de culture de micro-algues, lui aussi intégré à la façade.

Pollution dans la rivière Yamuna à New Delhi, en Inde.
Pollution dans la rivière Yamuna à New Delhi, en Inde. - D.Faget / AFP

Une fois purifiée grâce aux algues et à la photosynthèse, l’eau sale peut ensuite être réinjectée dans le bâtiment ou même être utilisée pour les besoins de l’agriculture locale. Les autres avantages de cette installation modulaire sont ses « facultés d’isolation thermique et phonique », décrit le projet. Reste à savoir si le pas entre la théorie et la pratique sera franchi par les autorités locales.