« Ni le club Méditerranée, ni tout à fait une prison. » L'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM), inauguré hier à Orvault, accueille mardi ses cinq premiers détenus. Cinquième de ce type sur les sept que prévoit la loi Perben de 2002, le dispositif s'adresse aux jeunes de 13 à 18 ans condamnés à de lourdes peines. L'esprit du projet est de « concilier sanction et éducation ». Une équipe pluridisciplinaire, constituée de surveillants, d'éducateurs mais aussi d'enseignants et de soignants, devra assurer une prise en charge totale du mineur. Du matin au soir, les détenus bénéficieront d'un suivi individualisé, entre activités scolaires, sportives et socio-éducatives. L'établissement est prévu pour accueillir jusqu'à soixante pensionnaires. Six unités différentes séparent les filles, les garçons et les nouveaux arrivants.
Le dispositif entend « responsabiliser sans traumatiser ». Pas de mirador, des repas pris en commun, des salles de détente : malgré un mur d'enceinte haut de six mètres, les symboles de l'univers carcéral ont été minimisés. « Le jeune condamné doit penser à la sortie lorsqu'il entre ici », explique Claude d'Harcourt, directeur de l'administration pénitentiaire.
L'ouverture de l'établissement orvaltais va permettre de fermer, d'ici fin février, les quartiers mineurs des maisons d'arrêt de Nantes et Angers. « C'est une refonte du droit des enfants », a souligné Philippe Cabourdin, directeur de la protection judiciaire de la jeunesse. Elle va notamment permettre une séparation totale avec les détenus majeurs, comme le prévoient les règles européennes.