• Ce radar pédagogique est installé depuis ce jeudi au carrefour du boulevard Gabriel Lauriol et de la rue du Loquidy, à Nantes
  • Il n'est pas là pour verbaliser mais pour alerter les conducteurs qui, au feu rouge, ne s'arrêtent pas avant le sas vélo, réservé aux cyclistes

C’est un nouveau panneau de signalisation lumineux qui n’existe nulle part ailleurs. Ce jeudi matin, le premier « radar pédagogique de non-respect du sas vélo » de France a été mis en service à Nantes. Le dispositif test, installé à un carrefour près du quartier des facs (entre le boulevard Gabriel Lauriol et rue du Loquidy) vise à alerter les conducteurs de véhicules motorisés lorsqu’ils ne respectent pas cette zone normalement réservée aux cyclistes.

Au feu rouge, s’ils dépassent la ligne et restent à l’arrêt quelques secondes dans le sas, un système les détecte. Et hop, les lettres blanches s’allument.

« Le sas vélo est une disposition du code de la route, devant lequel on doit obligatoirement s’arrêter. Mais beaucoup d’automobilistes ne le savent pas, justifie Thomas Quéro, adjoint à la mairie de Nantes en charge notamment des déplacements doux. C’est un sujet sur lequel il faut faire de la pédagogie, plutôt que de directement verbaliser. » Et heureusement pour les conducteurs car le non-respect du sas, c’est une perte de 4 points sur le permis de conduire et  une belle amende de 135 euros.

Un radar pédagogique pour le sas vélo a été installé à Nantes
Un radar pédagogique pour le sas vélo a été installé à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Le sas, une sécurité pour les cyclistes

Il n’empêche que la métropole souhaite quand même faire quelque chose, alors que sur l’agglo, environ six conducteurs sur dix n’hésiteraient pas à empiéter sur le sas ou carrément le squatter. « Cette zone permet pourtant de garantir la sécurité des cyclistes, insiste Gilles Blanchard, responsable du groupe sécurité des déplacements au Cerema, qui a travaillé sur le projet. Ils sont ainsi les premiers à redémarrer, peuvent tourner à gauche plus facilement, et sont protégés des pots d’échappement. Il y a aussi des avantages pour les piétons qui traversent. »

« Pour moi le principal intérêt est d’être mieux vu par les voitures, bus et camions lorsque le feu passe au vert et que la circulation reprend, témoigne Olivier, qui enfourche son VTT tous les jours pour aller au travail. Lorsque l’on est bloqué entre les véhicules, on peut se retrouver dans les angles morts… Et ça c’est vraiment dangereux. »

Déjà des critiques

L’expérimentation de ce radar pédagogique doit durer neuf mois. En plus d’alerter les conducteurs, l’objectif est de voir si cette mauvaise habitude va perdurer, et comment vont réagir les automobilistes qui se feront épingler. Pour cela, une caméra a été installée non pas pour relever les plaques d’immatriculation mais pour analyser le mouvement des véhicules, explique la métropole. Dans un second temps, le radar pourra être dupliqué et déplacé à différents carrefours de la ville…

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Mais le dispositif en lui-même pourrait en fait être revu, car dès ce midi, le système de détection semblait parfois faire défaut. Certains usagers ont aussi déjà formulé des critiques, notamment sur le message « SAS MERCI » jugé difficile à comprendre, ou le manque de luminosité de l’affichage (c’est vrai qu’on ne voit pas grand-chose).

« On voulait que ça clignote et que le panneau soit coloré, avance aussi Samy Guyet, vice-président de l’association Place au Vélo, pourtant favorable au principe. Mais Nantes métropole nous a répondu qu’il y avait trop de contraintes réglementaires liées à la signalisation. Nous allons être très attentifs ! »