• Pas moins de 224 femmes accèdent à l'Assemblée nationale, un chiffre record
  • La Loire-Atlantique compte même sept femmes députées, sur un total de dix élus

C’est un autre fait marquant du renouvellement de l’Assemblée nationale. Alors qu’en 2012, elles n’étaient que 155, pas moins de 224 femmes (38,8 %) ont cette fois remporté leur siège à l’Assemblée nationale, un nombre record. En Loire-Atlantique, où La République en Marche a réalisé un grand chelem, la proportion monte même à 70 % avec sept députés de sexe féminin. Mais elles sont « bien plus que des pourcentages » assure Sophie Errante, qui a décroché son ticket pour un deuxième mandat.

Aude Amadou, ancienne handballeuse professionnelle, le pense aussi. « Jusqu’à présent, la parité, c’était souvent des femmes candidates dans des circonscriptions impossibles à gagner, avance la nouvelle députée de la 4e circonscription. Cette fois c’est différent, et ça va donner envie à d’autres de s’engager : l’Assemblée se rapproche de la vie de tous les jours, même si la France a encore beaucoup de retard. »

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En Loire-Atlantique, on trouve beaucoup de novices et des profils variés. Comme cette ancienne infirmière devenue directrice d’un établissement de santé, ou encore cette mère de trois enfants, dirigeante d’une entreprise de formation dans le secteur de la nutrition. Valérie Oppelt, entrepreneuse de 43 ans, avait de son côté déjà des engagements, mais pour l’égalité hommes/femmes au sein du réseau « Business au féminin ». « Sept femmes élues, c’est assez historique, se réjouit-elle. C’est un renouvellement de compétences et de profils qui va colorer l’Assemblée. »

« Un vrai combat »

Alors, qu’apporteront ces femmes dans l’Hémicycle ? « Pour moi, c’est plutôt de la complémentarité, continue Aude Amadou. Sans rentrer dans les clichés, je pense que les femmes ont davantage d’écoute et de sensibilité, et ce n’est pas une marque de faiblesse. Pour ma part, depuis mon parcours de sportive où il a fallu se faire sa place dans un milieu masculin, j’ai toujours en tête qu’il faut que je me batte. Je ferai pareil à l’Assemblée. »

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« Sans généraliser, j’observe que mes collègues femmes n’aiment pas laisser pourrir les situations, continue Sophie Errante, députée PS sortante réélue avec En Marche. On est davantage dans la prévention que dans la gestion de crise. Mais la politique, c’est psychologiquement très violent. Il faut accepter de se mettre en danger, d’être solide dans ses valeurs, d’entendre ou de subir des propos sexistes, d’imposer le respect qu’on nous doit. Avoir le soutien de sa famille également. C’est un vrai combat. »

Une femme au perchoir ?

Reste à savoir quels postes et dans quelles commissions ces élues évolueront. Si certains prédisent déjà une parité en trompe l’œil, avec peu de femmes dans les commissions les plus prestigieuses, ce n’est pas la question pour Sophie Errante. « Je veux des gens aux bons endroits en fonction de leurs compétences, espère-t-elle. Bien sûr que je serais favorable à ce qu’une femme devienne présidente de l’Assemblée nationale. Mais seulement si ce n’est pas uniquement pour cette raison. »