FC Nantes: Ils racontent «leur» Claudio Ranieri, «ce gentleman» entraîneur

FOOTBALL « 20 Minutes » a interrogé des journalistes et des joueurs qui ont bien connu le nouveau coach du FCN…

David Phelippeau

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Claudio Ranieri.

Claudio Ranieri. — MIGUEL RIOPA / AFP

  • Partout, où il est passé, Ranieri a laissé l’image d’un homme très respectueux
  • Il fait partie de la vieille école des coachs italiens

Naples, Fiorentina, Valence, Chelsea, Parme, Juventus, AS Rome, Inter Milan, Monaco, Leicester… et Nantes. Waldemar Kita a réalisé le plus gros coup de sa décennie à la tête du FCN. Jeudi, le président nantais a obtenu la signature pour deux ans de Claudio Ranieri. Il voulait un nom pour succéder à Sergio Conceição, parti à Porto. Il l’a trouvé avec ce technicien italien, élu meilleur entraîneur de l’année il y a un an. 20 Minutes a interrogé des acteurs du foot (journalistes et joueurs) qui ont bien connu « The Tinkerman » (le bricoleur), comme on le surnommait à Chelsea.

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Ricardo Faty (AS Rome sous les ordres de Ranieri en 2009-2010). « C’est un coach qui ne fait pas de distinction entre les joueurs. Que tu sois jeune ou cadre de l’équipe, il considère les gens de la même manière. Il est intègre, honnête. C’est un gentleman. Il te dit les choses dans les yeux. Il respecte toutes les fonctions du club, du bureau au staff. C’est un gros travailleur sur et en dehors du terrain. C’est un vrai coach à l’italienne, sans tomber dans la caricature. Il n’est pas non plus old school. Mais, ses principes de jeu sont basés sur la solidité. Il aime que ses équipes soient performantes sans le ballon et attaquent très vite à la récupération. »

Ricardo Faty sous le maillot romain.
Ricardo Faty sous le maillot romain. - RICCARDO DE LUCA/AP/SIPA

Emmanuel Barranguet, journaliste à l’AFP en Italie de 2010 à 2015. « Comme beaucoup de grands coachs italiens, il est très porté sur la tactique. C’est très important pour lui. C’est un type qui n’a finalement pas gagné beaucoup de titres, sauf ce titre avec Leicester qui a marqué les esprits. Il est très focalisé sur l’équipe première… Mais, s’il y a des jeunes qui méritent de jouer, il s’appuiera sur eux. Il est très pragmatique, plutôt défensif. Mais, il s’adapte parfaitement à l’équipe qu’il a. Il a un gros caractère, il faut qu’il s’entende avec Kita. La diplomatie n’est pas toujours sa tasse de thé. »

Alain Roche (Valence, 1998-1999 sous les ordres de Ranieri). « Même à 30 ans, j’ai beaucoup appris avec lui tactiquement. C’était rébarbatif parfois, mais bon… Il nous disait exactement ce qu’on devait faire. J’ai le sentiment qu’il est plus souple maintenant. Il n’empêche qu’il individualise toujours beaucoup le travail. Mais, il savait changer ses méthodes quand il n’y avait plus de résultats. Il arrive à te faire accepter les choses car il les argumente toujours. C’est un malin, un charmeur. Il impose ses choses avec douceur. Attention, il est capable de coups de sang, mais c’est rare et ça reste dans l’intimité du vestiaire. Il en impose. Il est respecté, c’est tout. Il a légitimité aux yeux des joueurs et c’est capital. »

Alain Roche sous le maillot de Valence.
Alain Roche sous le maillot de Valence. - ESTEVEZ/EFE AGENCIA/SIPA

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Massimo Franchi, journaliste à Tuttosport. « C’est un mec exquis. Ce n’est plus un jeune comparé à Conte et Allegri. C’est un éternel deuxième, un magnifique perdant. C’est comme dans l’hippisme, il y a des chevaux placés, mais jamais gagnants. Lui, c’est ça. Sauf son miracle avec Leicester. Il adore qu’on parle en bien de lui. Pour la presse, c’est un gentleman. C’est un entraîneur de la vieille école. Il est né dans un quartier pauvre de Rome, il connaît les valeurs de l’argent. Ce n’est pas un Klopp, pas un Guardiola. Ce n’est pas un coach avant-gardiste. Il est de l’école Trapattoni, Capello, Lippi. Je ne suis pas plus surpris que ça qu’il signe à Nantes. Je l’aurais davantage été s’il avait signé dans un club plus prestigieux. »