Poules maltraitées en Vendée: Panzani s’engage à ne plus utiliser d’œufs de batterie

AGROALIMENTAIRE Le groupe a réagi après la diffusion d’une vidéo dénonçant des conditions d’élevage déplorables dans une exploitation vendéenne…

Julie Urbach

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Au milieu de poules encore en vie, des cadavres bloquent la circulation des œufs.

Au milieu de poules encore en vie, des cadavres bloquent la circulation des œufs. — L'association L214

  • Panzani fait partie des clients de la société Geslin, qui possède l’élevage mis en cause mercredi par l’association L214.
  • Le groupe a suspendu tout approvisionnement dans l’attente des résultats d’un audit qu’il a commandé et pris un engagement pour 2025.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après la mise en ligne d’une vidéo révélant les conditions sanitaires « déplorables » d’un élevage de poules en cages en Vendée, Panzani a réagi sur son site internet. Le groupe agroalimentaire a notamment pris l’engagement de développer « l’élevage en plein air des poules avec l’objectif d’être à 100 % d’œufs hors cages d’ici 2025 ».

Car Panzani, qui a démenti le fait de s’approvisionner dans cet élevage précissitué à Chauché en Vendée, est cependant bel et bien l’un des clients (via sa marque Lustucru Frais) de la société Geslin, qui possède plusieurs exploitations. « Par principe de précaution, la société Lustucru Frais a décidé de réaliser un audit sur les conditions d’élevage de la société Geslin (…) et de suspendre tout approvisionnement auprès des œufs Geslin dans l’attente des résultats de l’audit », est-il indiqué.

L’association L214 salue cette décision

« La décision du Groupe Panzani et de sa filiale Lustucru Frais contribuera à améliorer les conditions d’élevage d’un nombre conséquent de poules. (…) La disparition de l’élevage en cage, désormais programmée, reflète l’attention croissante portée par notre société à l’égard des animaux », a réagi Brigitte Gothière, porte-parole de L214.

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L’association avait dénoncé « des animaux dans un état déplorable et des conditions sanitaires exécrables », des poules « extrêmement déplumées, des parasites grouillant sur les œufs, des poules blessées dans un état dramatique, des cadavres dans les cages, bloquant la circulation des œufs ». Elle avait interpellé Panzani dans la foulée et lancé une pétition.

L214 avait annoncé en conséquence porter plainte contre l’élevage « pour maltraitance » auprès du tribunal de grande instance de La Roche-sur-Yon. Le ministre de l’Agriculture a de son côté « demandé à la Direction départementale en charge de la protection des populations de conduire rapidement des investigations poussées dans l’élevage concerné et de prendre toutes mesures administratives éventuellement nécessaires ».