Nantes: Grâce à eux, on pourrait bientôt rouler au biométhane ou à l'hydrogène

INNOVATION Deux écoles nantaises, leaders mondiales, ont présenté leurs derniers prototypes... 

Clément Carpentier

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Adeline prend place dans le prototype CityJoule.

Adeline prend place dans le prototype CityJoule. — Clément Carpentier / 20 Minutes

Dans sa toute petite voiture bleue, Adeline enchaîne les tours. Cette ancienne double championne du monde de kart (2012 et 2013), étudiante à la Joliverie de Nantes, est au volant de la CityJoule.

Un prototype à hydrogène qui détient le record du monde de kilomètres par litre (1350 km). Pour rappel, une voiture parcourt environ 20 kilomètres avec un litre d’essence. Ce véhicule est donc révolutionnaire mais verra-t-il le jour ? Comme son pendant au biométhane, le MicroJoule ?

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Encore au stade de prototypes

« Beaucoup de monde nous pose cette question mais moi, j’y crois sinon je ne serais pas là », répond Valentin André, en charge du projet à l’école Polytech Nantes. Avec toute son équipe, il est persuadé que l’on roulera bientôt avec une voiture à hydrogène, « même si on a encore du retard sur l’électrique. Mais Toyota a déjà développé un modèle. C’est possible. »

Alors bien sûr, il y a encore toutes les problématiques liées à la sécurité mais ces prototypes « pourraient déjà rouler en ville car ils peuvent aller jusqu’à 80 km/h, explique Adeline, ce n’est qu’une question de temps. » Quel calendrier ? « Pas avant une décennie », concède tout de même Valentin André.

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S’appuyer sur la technologie de la F1

Les deux projets pourraient s’accélérer dans les prochaines années grâce à la Formule 1. « Tout est optimisé par les ingénieurs qui travaillent sur ces voitures », rappelle Edouard. Cet étudiant a, par exemple, installé en 2017 de nouveaux joints, utilisé par Sébastian Vettel ou encore Lewis Hamilton, sur les moteurs. Et ils améliorent de 10 % le rendement des prototypes.

Le prototype CityJoule.
Le prototype CityJoule. - Clément Carpentier / 20 Minutes

Pour Philippe Maindru, le responsable de MicroJoule et CityJoule, c’est « un pas très important vers l’industrialisation » de ces voitures au biométhane et à hydrogène à l’avenir. Il y a aussi d’autres enjeux comme de faire baisse le prix de ces modèles. On parle de 150.000 euros aujourd’hui.

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La création d’un parc est-elle possible ?

Enfin, le plus grand défi pour Valentin André sera la « construction d’un vrai parc pour développer ces voitures à énergie renouvelable. Il faut qu’on pousse l’Etat à construire des stations. Mais, pour l’instant, personne ne nous suit vraiment. » Une situation loin de décourager cet élève et ses camarades.

D’ailleurs, ils vont tenter d’aller chercher deux nouveaux records du monde dans les prochains jours sur les circuits de Valenciennes et de Londres. S’il est encore difficile d’imaginer la commercialisation d’une voiture au biométhane ou à l’hydrogène avant 2030, les deux écoles nantaises restent à la pointe sur le sujet.