Nantes: Ils sont lycéens mais ont déjà créé une entreprise

EDUCATION Cette année, quelque 900 jeunes des Pays de la Loire se sont investis dans la création d'une mini-entreprise, au sein de leur établissement scolaire...

Julie Urbach

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Des lycéens du lycée du Sacré-Coeur ont fontdé Charg'up

Des lycéens du lycée du Sacré-Coeur ont fontdé Charg'up — J. Urbach/ 20 Minutes

  • Initié par la région et le rectorat de Nantes, le dispositif propose aux élèves de se lancer dans la création d'entreprises
  • Une quarantaine de structures ont été lancées cette année, et tous les bénéfices reversés à des assocations

Certains participants ont sorti le costume pour la première fois. Et ça leur va bien. Ce jeudi, l’Escall à Saint-Sébastien-sur-Loire accueille un forum d’entreprises un peu particulier. Si la quarantaine de stands aménagés semblent plutôt classiques, l’âge de ceux qui se trouvent derrière l’est moins. A 18 ans, Alexandra se présente par exemple comme « directrice générale ». Sa copine Nassima, qui porte aussi une veste noire, est la « responsable marketing ».

Comme elles, plus de 900 élèves des lycées des Pays de la Loire se sont investis cettte année dans la création d’une mini-entreprise, à raison de 2h par semaine, aidés par leurs professeurs. Ce jeudi, la région et le rectorat, qui ont initié le dispositif pour « faire apprendre autrement », les réunissent pour faire le bilan. Car l’époque où le monde de l’entreprise et celui de l’éducation se tournaient le dos semble révolue. En classe, on parle désormais sans souci de « capital », « marges », et autre « Scop ». Et on le vit en vrai, sauf qu’à la fin, les bénéfices sont intégralement reversés à des associations.

4.500 € de chiffre d’affaires

Au lycée Nelson-Mandela, sur l’île de Nantes, la «  boutique solidaire Zana Shop » a par exemple réalisé l’an dernier près de 4.500 euros de chiffres d’affaires grâce à la vente d’accessoires et de produits solidaires ou issus du commerce équitable. Alexandra, la jeune directrice, se félicite d’être passée de deux à onze fournisseurs en un an. « Ça tourne bien, c’est très encourageant, explique celle qui va passer son bac pro en juin. Et ça m’a donné envie d’ouvrir mon propre magasin plus tard ! »

La boutique solidaire, au lycée Mandela
La boutique solidaire, au lycée Mandela - J. Urbach/ 20 Minutes

Même énergie chez les élèves du lycée Sacré Cœur à Nantes, avec Charg’up. Eux ont réussi à vendre en une semaine les 80 batteries pour portable (ils n’avaient pas prévu assez de stock) qu’ils ont « négocié à un prix intéressant ». Mais avant, il a fallu se structurer. « On a décidé de monter une SARL pour ne pas avoir trop de capital à mettre au départ, c’est-à-dire 1€ par personne », explique Esra, 17 ans. « Ensuite, on s’est réparti les rôles en fonction des matières dans lesquelles on était les meilleurs, continue Cassidie, 16 ans. Tout s’est bien passé sauf quand il a fallu trouver le nom de notre société. Du coup, on a tiré au sort ! »

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Ce dispositif, qui grossit depuis plusieurs années, sera reconduit et devrait encore prendre de l’ampleur, a annoncé jeudi Bruno Retailleau, président (Les Républicains) de la région Pays de la Loire. Selon lui, « il faut montrer qu’il n’y a pas forcément besoin d’avoir fait une grande école pour monter son entreprise, oser et prendre des risques. » Un nouveau plan d'actions éducatives doit être présenté au conseil régional en juin.