Il fait à la fois bar-tabac, marchand de journaux et relais bancaire. On peut aussi y faire des photocopies ou acheter des jeux de grattage. Depuis hier, L'Escale de la Fontaine a baissé le rideau au Dresny, un hameau de 800 habitants au nord du département. « Votre buraliste est en grève de la faim... ou de la fin », est-il inscrit sur une feuille de papier.
Joël Lailler, 50 ans, entend ainsi protester contre la nouvelle loi interdisant de fumer dans les lieux publics. Samedi, il a reçu la visite des gendarmes, qui lui ont adressé une amende de 135 euros, après avoir déclaré le jour même dans les colonnes de Ouest-France qu'il n'appliquerait pas la nouvelle réglementation au nom de « la défense des commerces de proximité ». Un de ses clients, qui fumait à l'intérieur du bar, a lui eu droit à une amende de 68 euros. Hier, de colère, Joël Lailler n'a bu donc « que de l'eau et du café ». Et la nuit dernière, il a dormi dans sa 2 CV.
« Avec cette loi, je vais perdre 30 à 40 % de mon chiffre d'affaires, soutient Joël Lailler. Mes voisins de la boulangerie et de la supérette vont mourir immédiatement. Je ne veux pas voir mourir le pays dans lequel je suis né. J'y suis attaché. » L'homme, qui dit remplir « une mission de service public », espère aujourd'hui « obtenir une dérogation de la part de Nicolas Sarkozy pour les bars ruraux ». Un comité de soutien a d'ores et déjà été créé hier par un de ses confrères de Nozay.