• Depuis deux ans, Démén'âge aide les personnes âgées à organiser leur déménagement
  • En plus des tâches physiques (emballage, carton...) elle aide les seniors à faire le tri dans leurs souvenirs

Elle n’avait « pas la force » de tout gérer elle-même. Il faut dire qu’à 94 ans, organiser son déménagement n’est pas une mince affaire. Pourtant, Jeanne a enfin quitté son immeuble près de la tour Bretagne, à Nantes, dans lequel « les voisins étaient devenus trop bruyants ». Grâce à Démén’âge, une association nantaise unique en France, qui a aidé cette veuve à enfin franchir le cap.

Alors que les beaux jours arrivent, les seniors de l’agglo nantaise ont la bougeotte : ils n’auraient jamais été aussi nombreux à s’adresser à cette structure, créée il y a tout juste deux ans. Plus de cinq déménagements sont d’ailleurs déjà programmés au mois de mai. « Il s’agit de personnes qui se retrouvent dans des logements trop grands, inadaptés, ou trop loin de celui de leurs enfants, détaille Hélène Prou, 28 ans, la cofondatrice de l’association. Nous sommes aussi appelés par des assistants sociaux. Mais c’est très difficile et angoissant pour une personne âgée de changer de lieu de vie. »

Etape psychologique

Sur le plan physique, l’association assure l’emballage, la réalisation des cartons, et propose aussi des coordonnées de société de nettoyage, de bricolage ou de déménageurs. Mais l’étape la plus importante est souvent psychologique, notamment lorsqu’il s’agit de trier les objets.

« On se retrouve parfois devant des caisses pleines de jouets, ou d’énormes armoires normandes, détaille Hélène Prou. Nous n’avons pas ce lien affectif donc c’est plus facile : on demande à la personne si elle s’en sert encore, si l’objet lui évoque des souvenirs, voire si elle se souvenait qu’elle l’avait… Mais ça prend du temps. » Trois ou quatre jours (entre 700 et 1.500 euros, les tarifs sont établis en fonction des revenus) sont en général nécessaires pour préparer la sortie d’un T3. Les bénéficiaires sont âgés en moyenne de 78 ans.

Retrouver ses repères

Ce qui n’est pas gardé est cédé à des associations ou des ressourceries. « C’était dur de m’en séparer mais j’ai donné toute ma vaisselle, raconte Jeanne, qui a intégré une résidence pour seniors. On m’a aussi aidée à faire tous mes papiers, les trier, résilier certains abonnements… Je ne sais pas comment j’aurais fait sans cette aide. »

Une fois le camion parti, l’un des cinq salariés de Démén’âge est aussi présent à l’arrivée, afin d’aider la personne qu’elle suit à investir son nouveau « chez soi ». « Là aussi, il faut veiller à chaque détail : la photo du défunt mari à droite du lit doit retrouver sa place, illustre Hélène Prou. Il faut recréer un espace de vie pour que la personne, avec qui on a créé des liens, retrouve vite ses repères. »