Nantes: Comment vit-on dans le quartier des Dupont de Ligonnés six ans après?

FAITS DIVERS Les riverains tentent d'oublier le drame malgré les nombreuses interrogations... 

Clément Carpentier

— 

Une enquêtrice devant la maison des Dupont de Ligonnès en 2011.

Une enquêtrice devant la maison des Dupont de Ligonnès en 2011. — F. ELSNER / 20 MINUTES

  • Des personnes viennent encore régulièrement voir la maison familiale
  • Les disparus d’Orvault ressuscitent les Dupont de Ligonnès
  • Le mystère reste entier six ans plus tard

Gildas « n’oubliera jamais ce jour. » Ce 21 avril 2011. Ce jour où il a dû fermer la baie vitrée de son agence immobilière « tellement l’odeur de cadavre était forte », lui a qui tout de suite compris ce qu’il se passait deux jardins plus loin.

>> A lire aussi : Allier: L'homme ressemblant à Xavier Dupont de Ligonnès identifié

Une sorte de « lieu de pèlerinage »

Les enquêteurs venaient, en effet, de découvrir les corps d’Agnès, la mère et de ses quatre enfants Arthur, Thomas, Anne et Benoît. Manque celui de Xavier, le père, toujours introuvable six ans plus tard et considéré, aujourd’hui, comme le principal suspect. « On a retrouvé une certaine normalité. La maison a été vendue, la porte repeinte… On est moins embêté. D’ailleurs, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un journaliste », confie Gildas.

La maison (à droite de l'arrêt de bus) a été vendue et la porte a été repeinte.
La maison (à droite de l'arrêt de bus) a été vendue et la porte a été repeinte. - Clément Carpentier

Quelques mètres plus loin, une étudiante, qui habite le quartier depuis un an, affirme même ne pas savoir où se trouve la maison du drame. Elle est pourtant juste derrière elle au 55 Boulevard Robert-Schuman. Une adresse que l’on demande souvent à Maxime, qui tient un fast-food de l’autre côté du rond-point. Pour le jeune homme, « on me demande où c’est notamment ceux qui viennent de loin. C’est comme devenu un lieu de "pèlerinage" entre guillemets bien sûr. »

>> A lire aussi : «Le Disparu» d'Anne-Sophie Martin imagine les suite et fin de l'affaire Dupont de Ligonnès

Les disparus d’Orvault ressuscitent les Dupont de Ligonnès

L’affaire Dupont de Ligonnès est, en plus, revenue sur le devant de la scène avec les disparus d’Orvault. Marie, une habitante, remarque « les nombreux comparatifs faits entre les deux histoires notamment sur les réseaux sociaux. On essaie d’oublier mais il y a toujours quelque chose qui nous ramène à eux. »

Le fast-food à quelques mètres de la maison du drame.
Le fast-food à quelques mètres de la maison du drame. - Clément Carpentier

Heureusement pour Gildas, « cela s’est vite éteint. Moi, ce sont plus les reportages TV qui font ressurgir les souvenirs et commentaires à droite, à gauche. Ça devient pesant et ce n’est pas très positif pour mon travail. » Mais comme dit Nicole en passant devant la maison : « Qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne peut pas faire comme si de rien. Et puis, le mystère est là ! »

>> A lire aussi : Famille disparue à Orvault: L'histoire des Troadec rappelle celle des Dupont de Ligonnès

Difficile de croire à un dénouement 

Et c’est bien ce mystère qui fait toujours beaucoup parler dans le quartier. Maxime avoue que « c’est totalement improbable cette histoire. On entend beaucoup de choses mais rien n’a vraiment avancé depuis 2011. C’est très bizarre. »

Les membres de la famille Xavier Dupont de Ligonnès.
Les membres de la famille Xavier Dupont de Ligonnès. - Police judiciaire - AFP

Gildas, qui s’était entretenu plusieurs fois avec les Dupont de Ligonnès par le passé, n’y croit plus : « On ne saura jamais vraiment la vérité à part un énorme hasard qui relancerait l’enquête. C’est dommage. » Avec cette inlassable question qui revient moins souvent mais toujours à un moment donné pour ce Nantais : « Est-ce qu’il [Xavier Dupont de Ligonnés] est vivant ou pas ? »

Des personnes se recueillant devant la porte des Dupont de Ligonnès en 2011.
Des personnes se recueillant devant la porte des Dupont de Ligonnès en 2011. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

>> A lire aussi : Famille disparue à Orvault: Dans le quartier des Troadec, une ambiance «étrange», voire «morbide»