Travailler sur du concret, les terminales scientifiques de l’ingénieur du lycée Nicolas Appert d’Orvault ne demandaient pas mieux. Adapter, d’après les plans 3D disponibles pour tous, une main bionique pour des personnes handicapées est leur projet scolaire depuis octobre.

« C’est la première fois que mes élèves travaillent en ayant la responsabilité d’une commande extérieure. L’association My Human Kit nous a contacté, elle promeut des prothèses pour les handicapés à moindre coût. Les plans d’une main imprimée 3D sont téléchargeables, après, il faut adapter la main à la personne », précise le professeur en sciences de l’ingénieur Denis Chevalier. Il travaille avec cinq élèves dont chacun à un rôle bien précis.

Des capteurs de température et de pression

Unis comme les cinq doigts de la main, ils se sont partagé les tâches. Clémentine crée une pièce qui est responsable d’informer l’utilisateur de la prothèse sur la force de sa prise et d’éviter, par exemple, qu’il broie un verre en plastique. Manon s’occupe du capteur de pression, c’est lui qui adapte cette dernière en fonction de l’objet à saisir.

Autre capteur, celui de mesure de la température, c’est Justine qui se charge de le placer dans l’index et de le relier à un écran qui affiche la valeur exacte de la température. Une diode électroluminescente vire au rouge si l’objet est trop chaud.

De 40.000 à 70.000 euros pour une main

Quant aux deux garçons, Victor et Clément, ils sont responsables de la batterie de la main, de son état de charge et de l’intégration des capteurs dans le pouce et l’index avec un logiciel 3D. Les prothèses réalisées seront données à l’association et tout le travail des élèves sera libre d’utilisation. Il faut compter entre 40.000 et 70.000 euros à l’achat, grâce à l’impression 3D, le prix tombe aux alentours de 400 euros.

Mais au-delà de l’aspect financier, ce que retient Manon, « c’est le fait que ce sur quoi l’on travaille est utile pour des personnes dans le besoin. Et puis on applique ce que l’on a vu en cours, on s’est même rendu dans un collège et au salon Laval virtual pour faire connaître nos prothèses et les diffuser. » Le premier Français à avoir été doté d’une main bionique l’a reçue il y a un an.