Nantes: Les policiers municipaux réclament plus de moyens pour aller dans les quartiers

SÉCURITÉ Le syndicat Force ouvrière considère que la police municipale est insuffisament préparée pour faire de l'îlotage hors du centre-ville...

Frédéric Brenon

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Illustration de police municipale. C.Girardon/20Minute

Illustration de police municipale. C.Girardon/20Minute —

Le déploiement de policiers municipaux dans les quartiers populaires nantais depuis le 1er février ne ravit pas les agents concernés, selon Force Ouvrière, syndicat majoritaire au sein de la police municipale nantaise. « Ils y vont à reculons. Ils craignent pour leur sécurité. Ils en feront le minimum pour éviter les risques », assure Patrick Lefèvre, secrétaire général de FO-police municipale.

Dans le cadre de ce qu’elle appelle « l’îlotage », la ville de Nantes demande désormais aux policiers municipaux de patrouiller hors du centre-ville, par équipe de deux, du lundi au vendredi, de 10 h à 19 h, dans des secteurs parfois délaissés par la police nationale.

« Une équipe de deux, c’est insuffisant »

« Une équipe de deux dans des quartiers où la police nationale n’intervient qu’à grand renfort de personnel, c’est insuffisant. D’autant plus que nous exerçons de plus en plus des missions de sécurité publique », déplore Patrick Lefèvre. « Nous ne sommes pas les bienvenus, estime un autre syndicaliste. Certains commerçants nous demandent de ne pas venir les voir car ils ne veulent pas être affichés avec des bleus. »

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« L’îlotage a aussi pour conséquence de déshabiller le centre-ville alors que les faits de petite délinquance sont nombreux à Commerce et à Bouffay. On augmente également les procédures à traiter et donc le temps passé hors du terrain », ajoute Bruno Cailleteau, secrétaire adjoint de FO 44, qui dit toutefois « comprendre que les maires essaient de compenser le désengagement de l’Etat dans les quartiers ».

Plus d'agents et des armes à feu

Le syndicat, soutenu par des policiers nationaux qui déplorent de leur côté « ne plus avoir de contact dans certains quartiers », réclame un effectif plus conséquent et le droit à être équipé d’arme à feu. Il souhaite aussi la mise en place d’une liaison radio directe avec les services de la police nationale.

Sollicitée, la ville de Nantes n’a « pas souhaité s’exprimer pour l’heure ». Elle avait toutefois déjà annoncé le recrutement de 20 policiers municipaux supplémentaires, soit un effectif total de 115 agents, dans le cadre de la mise en place de l’îlotage.

Elle s’était aussi engagée à mettre à disposition des policiers des nouveaux gilets pare-balles, de nouveaux bâtons de défense, des caméras piétons et même des lanceurs de flash-ball. La maire de Nantes, Johanna Rolland, a, par ailleurs, régulièrement exprimé son opposition au port d’armes à feu des policiers municipaux.