Saint-Nazaire: Les chantiers navals STX n'intéressent qu'un seul (mystérieux) repreneur

INDUSTRIE Les chantiers navals français ont un carnet de commandes plein, mais un actionnaire principal coréen (STX) en quasi-faillite…

Olivier Aballain

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Les dirigeants de MSC et de STX brandissent la première tôle du paquebot Meraviglia.

Les dirigeants de MSC et de STX brandissent la première tôle du paquebot Meraviglia. — F.Brenon / 20 Minutes

Un peu plus de six mois après le départ en mer du fleuron Harmony of the Seas, les chantiers navals de Saint-Nazaire attendent toujours de savoir qui tiendra la barre en 2017.

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STX, propriétaire coréen depuis 2008, étant tombé en état de quasi-faillite, c’est un tribunal de Séoul qui gère son redressement, lequel passe par une revente du chantier atlantique.

Et ce mardi, la dernière information sur la procédure de revente n’est pas pour rassurer les 2.600 salariés français et leurs 5.000 sous-traitants : dans les délais impartis, un seul candidat s’est finalement déclaré candidat à la reprise, au lieu des trois ou quatre attendus. Selon une source publiée par le site du quotidien Ouest-France, il s'agit de la société italienne Fincantieri.

Un carnet de commandes bien rempli

Les chantiers navals de Saint-Nazaire constituent pourtant, rappelle l’agence AFP, la seule filiale rentable du groupe STX, plombé par une dette qui atteignait, en juin, l’équivalent de 5,8 milliards d’euros (7.300 milliards de wons).

La filiale française dispose d’un carnet de commandes bien rempli, encore alimenté la semaine dernière par la vente de 5 paquebots à la Royal Caribbean Cruises Limited et à MSC Croisières, pour un montant total de 4 milliards d’euros.

Ouverte le 19 octobre, la procédure de reprise des chantiers de Saint-Nazaire avait suscité l’intérêt de trois principaux repreneurs potentiels, auxquels s’est ajoutéun candidat « mystère » début novembre.

Décision attendue le 3 janvier

Parmi les trois candidats connus figuraient le concurrent italien du chantier de Saint-Nazaire, Fincantieri, un spécialiste des croisières basé en Chine, Genting Hong Kong, et enfin le constructeur néerlandais Damen, allié aux deux clients de Saint-Nazaire, MSC et Royal Caribbean.

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Ce dernier candidat, hollandais, avait les faveurs du gouvernement français. Mais rien n’indique pour l’heure que ce soit lui qui ait pu déposer son offre à Séoul. L’offre candidate est examinée par le cabinet de conseil Samil ProcewaterhouseCooper, indique le tribunal coréen, qui se prononcera le 3 janvier pour l’accepter ou non.

« Si le prix proposé est trop bas, l’offre sera refusée et un nouvel appel d’offres sera lancé », explique un porte-parole du groupe STX Offshore and Shipbuilding. L’Etat français, qui possède 33,34 % des parts de STX France, dispose d’un droit de préemption en cas de revente du chantier français.