La Brigade Loire.
La Brigade Loire. - J-S Evrard / AFP

Le 5 novembre dernier, des incidents ont éclaté en marge de Nantes-Toulouse (1-1). Une centaine d’individus, partie de la tribune Loire, a tenté de s’en prendre au président Waldemar Kita. En réponse à ces débordements, le club nantais a décidé de sanctionner dix jours plus tard l’ensemble de la tribune Loire (plus d’animations, plus de banderoles etc...) et n’a pas manqué de stigmatiser une association de supporters sans jamais la citer :  la Brigade Loire.

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Mardi soir, pendant plus d’une heure et demie, Romain Gaudin, le porte-parole de la BL a donné sa version des faits et a plaidé non coupable. Morceaux choisis.

Le porte-parole de la BL, Romain Gaudin.
Le porte-parole de la BL, Romain Gaudin. - D.P / 20 Minutes

La BL par rapport au FCN. « Depuis cinq ans, on a repris les encouragements. En 2012, on a mis de côté les griefs contre Kita. L’engouement en Loire a fait beaucoup avancer le club. Malgré les résultats pas toujours positifs et des erreurs du club, on a toujours été là. On a choisi la voie du dialogue par les banderoles. On a eu deux rencontres avec le président Kita, mais ça n’a servi à rien. On n’a jamais été entendus. Il y avait un semblant d’équilibre qui sauvait le club avec Michel Der Zakarian, qui a battu un record de longévité sous Kita. Mais, en fait, le club est une coquille vide. Il y a plein de postes clés pas occupés, comme celui de directeur sportif. »

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Les incidents de Nantes-Toulouse. « Il y a un mois, à la 65e minute de Nantes-Toulouse (1-1), la tribune Loire n’a plus envie de chanter. Elle pète les plombs, elle n’en peut plus. Son équipe perd et son club n’est plus rien, n’a pas de projet, ni structures. Kita balance des choses sans savoir de quoi il parle en début de saison. Des mecs décident alors de partir et d’aller vers tribune présidentielle.

La Brigade Loire n’est pas concernée par ces événements, les images parlent d’elles-mêmes. On n’était pas dans le mouvement de foule. Rien n’incrimine la BL. On ne cautionne pas ce qu’il s’est passé. S’il s’avère qu’il y a des adhérents BL [dans les fauteurs de trouble], on prendra des mesures contre eux… mais il n’y en a pas. »

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Les incidents à Saupin fin novembre. « Fin novembre, on veut les prendre à contre-pied. On veut créer une ambiance L1 à Saupin, lors d’un match de la réserve. On arrive, il y a une compagnie et demie de CRS devant le stade. Un jeune de la tribune se fait interpeller avec un fumigène, l’intervention est musclée. Les esprits s’échauffent, la police repousse tout le monde. On a fait cinq minutes de match avant que la police nous déloge, ça s’est fait dans le calme. Tout le monde pourra en témoigner. On retourne au bar et là, des policiers encerclent le bar. On est obligés de sortir un par un. Ils contrôlent tout le monde. On n’a jamais été insultants. On n’a jamais voulu foutre la merde au match de CFA.

La préfecture n’est pas très claire. Kita a dit un jour que le préfet aurait un mort sur la conscience. Ce soir-là, la préfecture a « surréagi ». Elle a fait de même le mardi suivant car moi et Jérôme [autre membre à ses côtés lors de la conférence de presse] avons été perquisitionnés et mis en garde à vue. Ce n’est jamais agréable à vivre. D’avoir cette impression d’être un terroriste. Ils n’ont finalement rien trouvé. »

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Impossibilité de dialoguer. « Le problème est qu’aujourd’hui on n’a plus personne à qui s’adresser car personne ne veut nous parler. La préfecture même chose. On imagine qu’ils constituent un dossier pour pouvoir dissoudre la BL. Le seul interlocuteur qu’on avait était le directeur de la sécurité [Luc Delatour, responsable des compétitions au FCN], mais il ne veut plus nous parler. C’était un médiateur, il faisait son boulot. Pour gérer une des plus grosses tribunes de France, il n’y a donc plus personne. Le club doit mettre à disposition des fans nantais un officier de liaison, mais, nous, il n’est plus question de travailler avec la personne avec qui on parlait. »

Un club à la dérive. « Au niveau sportif, c’est le néant. Les dirigeants ont un bandeau sur les yeux et advienne que pourra. On a atteint un point de rupture. Je pense quand même qu’on arrive sur la fin d’une ère. S’il y a encore des défenseurs de Kita, il faut qu’à un moment ils ouvrent les yeux. Avec Kita, ça ne marchera plus. Le FC Nantes, c’est devenu un jouet, un paillasson sur lequel tout le monde s’essuie. C’est un cirque complet. L’argent mis par Kita ne fait pas tout et ne justifie pas tout. »

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L’attitude de la BL à l’avenir. « On va marquer notre mécontentement sur le match de Coupe de la Ligue dans une semaine contre Montpellier. On a décidé de boycotter ce match, on ne sera pas présent pour trois raisons : horaire du match (18 h 45), répression du club à notre encontre et gestion du FCN. Ceux qui se reconnaissent dans nos revendications peuvent nous suivre sur ce match-là.

Par ailleurs, on n’a pas décidé de reprendre les encouragements à l’heure où on se parle. Le club revient timidement vers nous. Ce n’est pas qu’un problème de communication avec le FCN, c’est aussi de la connerie. Si ça ne bouge pas jusqu’à la trêve, il y a des chances que ça ne bouge pas au niveau des encouragements. Tout cela ne nous donne pas envie d’arrêter, mais on veut que ça bouge car c’est notre club. On est les seuls à taper du poing sur la table ou d’autres le font mais timidement. »

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Les solutions pour apaiser les relations ? « Une lettre d’excuses du club qui indique qu’ils ont fait beaucoup d’erreurs et beaucoup de mal au club et qu’ils vont arrêter. Plus sérieusement, que le club relâche la pression et arrête de dire que la BL monte un complot contre lui. On ne veut tuer personne, il faut arrêter.

Par ailleurs, on veut bien d’une rencontre avec les joueurs, mais pas chapeautée par la direction. On pourra leur expliquer pourquoi on fait ça, mais c’est surtout à leur patron qu’il faudra qu’ils demandent des explications. »

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