La transition s'opère en douceurs... Pour se préparer à l'interdiction totale du tabac, le 1er janvier, le casino Barrière de La Baule propose depuis le début du mois des sucettes à ses clients. « Cela permet, certes, de canaliser les montées de stress, mais cela donne aussi une image ludique du lieu », insiste Jean-Louis Arniaud, directeur général de l'établissement, qui veut ainsi « continuer à donner du plaisir et des bons moments » aux joueurs.
Installé derrière sa machine à sous, une clope au bec, Johnny, 40 ans, ne l'entend pas de cette oreille. Cet informaticien parisien, en déplacement professionnel, est « sûr à 1 000 000 % » de ne plus venir au casino après le 1er janvier. « Mon plaisir, c'est de jouer en fumant, l'un ne va pas sans l'autre », fait-il valoir. Les sucettes du casino Barrière - qu'il n'avait même « pas vues » - se destinent « plutôt à (son) fils de 15 ans », selon lui. Un peu plus loin, Jean-Pierre, 49 ans, se montre plus philosophe. Bâton de sucette à la bouche, cet habitant de Redon (Ille-et-Vilaine), qui fume pourtant « jusqu'à un paquet de cigarettes par jour », estime que « ce n'est pas un mal » d'interdire le tabac dans les lieux publics. « Il faut savoir prendre sur soi », considère-t-il.
Parallèlement à son opération sucettes, le casino a, depuis le 1er novembre, rendu les tables de jeux traditionnels (roulette anglaise, black-jack, etc.) entièrement non-fumeur. « Les réactions les plus négatives sont parmi les joueurs de poker, qui ne veulent pas quitter leur table pour aller fumer », observe Marjorie Vanryssel, directrice des jeux du casino baulois.