Primaire à droite: Qui est Bruno Retailleau, l'un des soutiens de Fillon les plus en vue?

PRÉSIDENTIELLE Le sénateur vendéen, très actif pendant la campagne, aura probablement des responsabilités si François Fillon est élu président...

Frédéric Brenon

— 

Bruno Retailleau, Porte de Versailles, lors d'un meeting de soutien à François Fillon.

Bruno Retailleau, Porte de Versailles, lors d'un meeting de soutien à François Fillon. — SIPA

C’est certainement l’un des soutiens de François Fillon que l’on aura le plus remarqué. Sur les plateaux télé, à la radio ou dans les quotidiens nationaux, Bruno Retailleau, 56 ans, aura mouillé la chemise ces dernières semaines pour défendre le projet de l’ancien Premier ministre, originaire de l’Ouest de la France, comme lui.

Méconnu du grand public, ce Vendéen fait désormais partie des favoris pour obtenir un poste de ministre, voire occuper Matignon, si la droite l’emportait en mai prochain. Mais qui est-il ?

Plusieurs succès politiques

Bruno Retailleau n’est pas un nouveau venu en politique. Sénateur depuis douze ans, il a décroché fin 2014 la présidence du groupe de droite au Sénat, au nez et à la barbe de Roger Karoutchi et Gérard Longuet.

Un an plus tard, il fit basculer la région Pays de la Loire, mettant fin à onze ans de majorité socialiste obtenue en 2004 à l’issue d’une défaite surprise d’un certain… François Fillon. Il a également dirigé le conseil général de Vendée pendant quatre ans après la démission de Philippe de Villiers.

Formé par de Villiers

Les Vendéens le savent bien : Bruno Retailleau a longtemps évolué dans l’ombre de Philippe de Villiers. La rencontre entre les deux hommes s’est faite au parc à thème du Puy du Fou, créé par le leader du Mouvement pour la France (MPF). Bruno Retailleau s’est vu confier le poste de metteur en scène, en même temps qu’il s’initiait à la politique.

Elu conseiller général, puis député en suppléance de son mentor, il quitta le MPF en 2010, fâché avec de Villiers qui n’avait pas apprécié de voir son bras droit approché par le gouvernement Fillon. Bruno Retailleau intégra l’UMP en 2012. Le fondateur du MPF en garda toujours un sentiment de « trahison ».

Catholique conservateur

Bruno Retailleau incarne les valeurs catholiques et conservatrices de la droite. Marié, père de trois enfants, ce pratiquant était vivement opposé au mariage homosexuel et à la nouvelle loi Leonetti sur la fin de vie. Il s’est également signalé pour ses soutiens aux chrétiens d’Orient et est monté au créneau pour défendre l’installation d’une crèche de Noël au conseil général de Vendée.

Plus récemment, le conseil régional qu’il préside a suspendu les subventions accordées au festival du centre gay et lesbien (LGBT) de Nantes et au festival de metal Hellfest.

Grand défenseur de Notre-Dame-des-Landes

Opposé au non-cumul des mandats, Bruno Retailleau se distingue, depuis qu’il préside la région Pays de la Loire, par sa volonté de relancer l’apprentissage, l’agriculture ou la construction de routes. Mais il s’expose surtout par son soutien au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et ses prises de position répétées en faveur de l’expulsion de la Zad. Il a même initié une pétition contre les Zadistes, remise à Manuel Valls en mars.

Un « bon client » pour les médias

S’il déclare ne pas apprécier le buzz, Bruno Retailleau est tout de même considéré par les médias comme un « bon client », facile de contact et maniant peu la langue de bois. Son entourage le décrit comme « un énorme travailleur », qui « improvise rarement les choses ».

« Il a peu de sautes d’humeur, ce qui assez rare en politique », note un proche. Discret sur sa vie privée, il vit dans la petite commune de Saint-Malô-du-Bois (Vendée), dans une ferme où il élève oies, vaches et, surtout, chevaux, sa passion.