HBC Nantes-Cesson: L'esprit derby est-il en train de partir en fumée?

HAND Mercredi soir (20 h 30), à la Trocardière, le «H» accueille le voisin rennais...

David Phelippeau

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L'ex-Nantais et Cessonnais Michele Skatar, dans un vieux derby datant de 2010.

L'ex-Nantais et Cessonnais Michele Skatar, dans un vieux derby datant de 2010. — © Fabrice ELSNER

Les Nantes- Rennes, c’est plus ce que c’était ? Les deux clubs s’affrontent ce mercredi, en championnat de LNH, à la Trocardière. Un derby qui aurait perdu de sel, de saveur, à entendre les principaux acteurs. « La notion de derby est moins présente qu’avant, estime le Cessonnais Benoît Doré, qui arbore le 35 au dos de son maillot. C’était plus vrai quand les deux équipes étaient en D2. »

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A cette époque-là, les deux formations se tiraient la bourre, avec de chaque côté des purs produits de chaque club. Les petits LU Gormit, Stéphant ou Fabre s’écharpaient ainsi avec les historiques Rennais Le Meur ou Doré. « Il y avait une vraie rivalité, se souvient l’ancien pivot nantais (et cessonnais !) Pierre Fabre. La question était : qui avait la suprématie en Bretagne ? Il y avait d’un côté Cesson, le petit club, avec le petit budget, toujours en train de se plaindre, et de l’autre, le HBC Nantes, qui avait plus de moyens. Stéphane Moualek, notre entraîneur de l’époque, jouait beaucoup sur cette supposée suprématie régionale pour nous motiver avant les matchs. »

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Forcément, aujourd’hui, le côté produit local a quelque peu disparu, surtout au HBCN. Aucun élément actuel du groupe pro n’est né dans la Cité des Ducs. « Il n’y a plus de vrais Nantais chez nous, confirme le capitaine du HBCN Rock Feliho. La notion de derby est en fait plus du côté de Cesson, car ils ont des purs Rennais (Hochet) ou des vrais Bretons (Doré, Guillo ou Le Boulaire). Ils semblent plus imprégnés de cette rivalité. »

Une notion de derby plus exacerbée au football

Sylvain Hochet, né à Rennes, abonde dans le sens de son futur adversaire : « A Nantes, il y a eu beaucoup d’arrivées depuis plusieurs années, beaucoup de nouveaux joueurs étrangers. Mais on ressent quand même ce côté derby dans les tribunes. D’ailleurs, moi, j’ai des potes qui détestent Nantes, mais moi, ce n’est pas le cas. »

Le Rennais Doré : « C’est plus un derby de supporters que de joueurs maintenant, mais attention, ça n’a rien à voir avec la concurrence dans le foot ! » Feliho aussi, parle de « rivalités moins exacerbées au hand qu’au foot ». Reste que la saison dernière, lorsque Cesson a vaincu deux fois (en LNH et en Coupe de France) le « H », le club d’Ille-et-Vilaine n’était pas peu fier. « On avait fait fanny sur la saison d’avant en perdant quatre fois contre Nantes, vous imaginez le plaisir ressenti d’avoir vaincu le mauvais sort », confesse Hochet.

Une porte cassée par un Nantais à Cesson

En attendant, les duels entre ces deux formations - qui tournent largement à l’avantage des Nantais en championnat de LNH (dix victoires en 14 rencontres) - n’ont jamais manqué de piquant. « Tu sais à quoi t’attendre, rigole Feliho. Tu sais que ça va envoyer à chaque fois. Une ou deux fois, ça a chauffé sévère là-bas. » « C’est toujours très physique, poursuit Hochet. Ça met des coups, ça joue l’intox… » Et ça déménage même parfois. Un jour, le Nantais Jérémy Vergely avait cassé une porte à Cesson, mécontent d’avoir pris un rouge… et sans doute d’avoir été hué par le public rennais. « Il avait payé de sa poche… », glisse en rigolant Doré, un brin chambreur.