Le robot peut imprimer des niches (comme ici) mais bientôt de vraies maisons, sur le même principe.
Le robot peut imprimer des niches (comme ici) mais bientôt de vraies maisons, sur le même principe. - J. Urbach/ 20 Minutes

On dirait de la chantilly. Mais c’est un projet bien solide que vient de dévoiler une équipe de chercheurs de l’université de Nantes. Dans un an, à l’occasion de la prochaine Nantes Digital Week, ils vont construire une maison pour le moins particulière : ses murs seront intégralement imprimés en 3D, et ce dans un délai record de 12h. Le projet, BâtiPrint 3D, est présenté depuis ce mardi à l’occasion du congrès de l’union sociale pour l’habitat, qui se déroule dans la cité des Ducs, au parc des expos.

Pour que cet habitat social (environ 70 m2) tienne debout, un bras de 4 mètres et pesant plus d’une tonne débarquera au centre d’une dalle déjà coulée, sur le terrain choisi, quartier Bottière. « En un seul passage, grâce à des couches successives, notre robot va déposer de l’isolant (de la mousse de polyuréthane) et du béton, détaille Benoît Furet, enseignant chercheur à l’Irccyn. C’est un vrai gain de temps : il faut deux jours de travail, contre deux ou trois semaines pour une structure classique. »

Economies et qualité

Il faudra ensuite poser un toit, des fenêtres et une porte, mais aussi le revêtement choisi, comme un enduit ou un bardage bois, « afin que la maison ressemble à une maison, et non à un gâteau » sourit Benoît Furet. Le gain est aussi économique puisque les coûts de construction pourraient être réduits de 20 à 30 %.

Autant d’atouts qui ont séduit le bailleur social Nantes métropole Habitat, qui porte le projet. « L’objectif est de gagner aussi en qualité, indique Luc Stephan, directeur de l’innovation. Ces techniques vont permettre au monde de la construction d’être plus performant sur la partie gros œuvre. » Et si le procédé (qui propose en plus de réduire les problèmes d’isolation) est certifié, alors que divers tests doivent encore durer un an, une famille pourrait même prendre possession des lieux. Viendra enfin la phase de l’exploitation industrielle.

Un habitat d’urgence en 30 minutes

Si ce projet fou peut voir le jour, c’est que le laboratoire nantais n’en est pas à son coup d’essai. L’an dernier, les chercheurs ont imaginé un prototype d’habitat d’urgence solide, totalement isolé du froid et de la pluie, qui pourrait être imprimé dans des pays victimes de catastrophes naturelles. Une demi-heure à peine est nécessaire pour construire cette petite maison. Déjà, « une ONG s’est rapprochée du labo » dans l’optique de s’équiper de cette nouvelle solution.

« On est en train d’imaginer le chantier du futur, se réjouit Benoît Furet, qui n’exclut pas un jour d’imprimer des immeubles, voire des lotissements entiers. Comme l’aéronautique l’a déjà fait, il y a un réel besoin d’automatiser le monde du bâtiment notamment pour réduire la pénibilité du travail. » Et ainsi se passer des ouvriers ? « Le robot ne remplace pas l’homme, se défend l’enseignant. Il y aura toujours besoin d’une présence humaine. »

Mots-clés :