Nantes: La biométrie de plus en plus répandue dans les cantines

EDUCATION Une quinzaine de collèges de Loire-Atlantique contrôlent l'accès des élèves par un appareil de reconnaissance de la main...

Frédéric Brenon

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Nantes, machine de reconnaissance du contour de la main utiliéee dans la cantine du college Le Herault à Saint-Herblain.

Nantes, machine de reconnaissance du contour de la main utiliéee dans la cantine du college Le Herault à Saint-Herblain. — © Fabrice ELSNER

« Je tape un code de trois chiffres, je pose ma main, mon nom apparaît et, aussitôt, la machine nous donne un plateau. C’est magique ! » rigole Jules, élève de 3e. Si elle étonne toujours la première fois, la biométrie est pourtant de plus en plus répandue dans les collèges et lycées des Pays de la Loire.

Une quarantaine d’établissements, dont 15 en Loire-Atlantique, sont ainsi équipés d’appareils reconnaissant le contour de main pour contrôler l’accès à la cantine.

« On est sûr de l’identité de l’élève »

Le collège Gaston-Serpette, à Nantes, a franchi le pas à la rentrée. « Jusqu’à l’année dernière, il fallait pointer chaque élève sur une liste à leur entrée au self, explique Dominique Faure, la principale. Cela générait des embouteillages, ça devenait difficile à gérer. Avec la biométrie, les élèves sont autonomes. Ça améliore le flux et donne de la sérénité. On est sûr de l’identité de l’élève qui prend son repas. La technologie évolue, pourquoi s’en priver. »

Nantes, Machine de reconnaissance de contour de la main utilisée dans la cantine du collège Le Herault à Saint-Herblain.
Nantes, Machine de reconnaissance de contour de la main utilisée dans la cantine du collège Le Herault à Saint-Herblain. - © Fabrice ELSNER

Au collège Chantenay, la lecture de la main est également jugée beaucoup plus commode que le système à carte. « Quand une carte est oubliée, perdue, ou volée, c’est embêtant pour l’enfant, l’établissement et même les parents qui doivent repayer une nouvelle carte, raconte Sylvie Lemaire, principale adjointe. On a des élèves à qui ça arrivait presque dix fois dans l’année ! Une main, on l’a toujours avec soi, il n’y a pas d’erreur ou d’usurpation possible. C’est rassurant pour tout le monde. »

Pour les gestionnaires de demi-pension, l’absence de cartes à éditer ferait aussi « gagner du temps » et « de l’argent », même si l’équipement est plus cher au départ.

Encore des résistances

Il y a pourtant des réticences. Des parents d’élèves et enseignants refusent le système biométrique par crainte de fichage ou de transmission des données. Un accès par carte, également possible sur la machine, leur est alors proposé. « Ça représente environ 10 % des élèves », estime la principale de Gaston-Serpette.

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« Ces inquiétudes sont infondées, assure Pierre Benguigui, directeur d’Alise, société leader du marché français. La machine ne relève pas les empreintes digitales, elle prend une photo de la main qui n’intéresse personne à l’extérieur. Quant aux informations personnelles collectées par l’établissement, elles sont exactement les mêmes qu’avec le système à carte. »

Certains critiquent aussi le manque d’hygiène de l’écran de lecture accueillant la main de chaque élève. « On répond à cette problématique en mettant du gel hydroalcoolique à disposition », explique-t-on au collège de Chantenay.