Les Républicains: A fond, unis, inquiets… Comment les militants abordent la primaire

LA BAULE Neuf candidats à la primaire se sont succédé à La Baule ce week-end, devant quelque 1.500 militants...

Julie Urbach

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Des militants à l'université d'été des Républicains à la Baule / AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Des militants à l'université d'été des Républicains à la Baule / AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP

Certains dansent avec des drapeaux français, d’autres arborent le nom de leur préféré sur un t-shirt. Ce week-end à La Baule, près de 1.500 militants et sympathisants de droite se sont réunis à l’université d’été des Républicains 44. Pas moins de 9 candidats à la primaire se sont succédé à la tribune, et le premier tour était évidemment dans toutes les têtes. Ce qu’en a pensé le public.

« Sarkozy est l’homme de la situation » VS « Juppé va rassembler les Français »

A deux mois et demi du vote, les clans semblent déjà bien tranchés notamment entre les deux favoris. Les sarkozystes étaient en nombre ce dimanche alors que le candidat a prononcé son discours à la mi-journée. « Il n’y a que Nicolas qui peut relever la France et les finances du pays », assure Danièle, qui vient de prendre sa carte. « Je l’ai toujours soutenu, maintenant c’est l’homme de la situation ! renchérit Edith, 58 ans. Juppé n’a pas son charisme. Lui c’est un technocrate qui restera dans le compromis. »

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Moins présents que samedi, on trouvait quand même des juppéistes dans les rangs. « Alain Juppé a une capacité d’écoute importante. Il s’adresse à tous les Français sans faire d’amalgame, comme lors de l’affaire du burkini », assure Vincentine, 24 ans. « Il va nous aider à apporter de la quiétude dans le pays et rassembler les Français, en attirer certains qui ne votaient pas à droite. Mais aussi dans la campagne des primaires, comme il l’a dit dans son discours, en proposant un code de bonne conduite », abonde une autre militante.

Se rassembler… mais pas trop

Malgré les divisions, tous assurent qu’il faudra se rassembler une fois la primaire terminée. « Il faudra voter pour celui qui gagnera, et c’est tout ! », lance Christine, derrière François Fillon, qui ne se risque pas à dire pour qui. Si les petites phrases se sont faites moins piquantes ce week-end, certains militants s’inquiètent tout de même de la suite de la campagne. « C’était plus apaisé, mais quand ils ne se chamaillent pas entre eux, ils ne font que critiquer Hollande », s’étonne Odile, 60 ans, qui demande « de parler davantage du fond ».

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Du côté des stands des jeunes, l’unité est de mise. « On boit même des coups ensemble », sourit Adrien, une casquette siglée des initiales "AJ" sur la tête. Pour autant, on commence déjà à se trouver des excuses au cas où son favori ne gagnerait pas. « Sarkozy a eu un accueil privilégié, ce week-end à La Baule. C’est anormal qu’on demande de l’acclamer, que ce soit lui qui clôture, que les journalistes ait un brief particuler… », juge-t-on aussi parmi les jeunes soutiens de Bruno Le Maire, François Fillon ou NKM.

« Moi, je vote Marine »

Assise au fond, pendant le discours du président de région Bruno Retailleau, Marie ne semble pas concernée. La sexagénaire est venue avec son amie Michelle. « Moi je vote Marine Le Pen, glisse-t-elle. Elle va nous rendre notre identité nationale. Je suis venue pour papoter avec mes amis moi, pas pour écouter ces rigolos ! » A côté, sa copine semble hésiter. « Moi j’aime bien ce que fait Sarkozy, j’espère juste qu’il va être à la hauteur… Et s’il avait quelque chose à se reprocher, il aurait déjà été arrêté : ils avaient cinq ans pour le faire ! »