Le procureur de la République de Saint-Nazaire a réclamé hier 292 500 euros d'amendes envers les Chantiers de l'Atlantique et Endel, dans le procès de la catastrophe du Queen Mary II. S'il a requis le maximum encouru pour chacune des deux entreprises, Pierre-Marie Block n'a pas jugé « opportun » de demander de la prison ferme pour les huit salariés, « quatre ans après les faits », alors qu'ils ont « un casier judiciaire vierge ». Ils risquent théoriquement trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
« Mes réquisitions sont susceptibles de blesser les parties civiles », avait reconnu le procureur en préambule. Mais « la loi Fauchon rend très difficiles les poursuites en la matière », avait-il expliqué. Pendant près de quatre heures, Pierre-Marie Block avait pourtant minutieusement pointé « la succession de négligences, manquements et fautes » qui a conduit à l'effroyable accident le 15 novembre 2003.
« Il y a deux causes : les défauts de conception de la passerelle par Endel et son mauvais usage par les Chantiers de l'Atlantique », a-t-il souligné. « Les prévenus sont donc coresponsables. » Le dessinateur de la passerelle, titulaire d'un simple BTS de gestion et comptabilité, « n'avait pas les moyens techniques et intellectuels » pour réaliser cette passerelle, selon lui. « Autodidacte et débrouillard, il a quand même essayé de bricoler quelque chose, avec une pifométrie terrifiante. » La catastrophe a été rendue possible dès lors qu'« aucun des mécanismes de contrôle n'a fonctionné ».