Sébastien et Nicolas Taupin
Sébastien et Nicolas Taupin - Le réveil de la France

Il parle vite, parfois s’égare, mais a beaucoup de choses à dire. A un an de l'élection présidentielle, Nicolas Taupin, 22 ans, a décidé de se lancer dans l'aventure en compagnie… de son frère jumeau. La démarche peut faire sourire mais le futur ingénieur, en dernière année à l’école Centrale de Nantes, assure (et on est tenté de le croire quand on discute avec lui) qu’il ne s’agit pas d’un délire d’étudiant.

D’ailleurs, les deux frères se sont déjà répartis les rôles : « Sébastien (qui habite le Jura) brigue le poste de président et je serai son premier ministre, explique Nicolas. Mais nous ne sommes pas là pour nous mettre en avant : notre duo montre nos valeurs altruistes et vise à incarner le rassemblement. »

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Comme les deux tiers des 18-30 ans, selon un récent sondage OpinionWay pour 20 Minutes, les deux garçons remettent moins en cause les institutions que les élus et leur façon de faire de la politique, qu’ils veulent « rendre plus saine ». Ne se reconnaissant pas dans le clivage gauche-droite qu’ils jugent « dépassé », mais « très éloignés des extrêmes », ils ont créé tout naturellement il y a un an leur propre parti, Le Réveil de la France, agréé « par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques ».

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Démocratie collaborative

Convaincus que « les Français ont plein d’idées qu’il faut valoriser », les frères originaires de la région parisienne misent tout sur un concept qu’ils disent avoir inventé, « la démocratie collaborative ». Des mots déjà utilisés à tort et à travers, y compris par les partis politiques plus traditionnels… « Ce n’est pas juste du participatif, se défend Nicolas. Ce que nous voulons, c’est un système où chacun peut s’exprimer sur tous les sujets, sans intermédiaire. Nous serons là pour dégager les propositions consensuelles. »

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Une idée que le jeune Nantais, en contrat d’apprentissage, dit inspirée d’une méthode utilisée en entreprise, le lean management, prônant une hiérarchie simplifiée et une plus grande participation des salariés. Et qui séduirait même 82 % des Français, selon une étude d’opinion que les jeunes hommes ont eux-mêmes financée, « avec nos économies » !

« Projet de société »

« Abolition des niches fiscales », « temps de travail calculé sur un an pour que tout le monde ait droit aux mêmes congés », « âge maximal pour les parlementaires » font partie de leurs idées, ou plutôt de leur « projet de société », qui fera bientôt l’objet d’un livre. En attendant, la chasse aux 500 parrainages est déjà lancée, mais le nombre de promesses qu’ils ont pour le moment récoltées reste confidentiel…

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S’ils échouent, pas question de leur proposer d’autres formes d’engagement, comme la création d’un think-tank ou la participation à Nuit Debout. « Réfléchir, manifester, faire des pétitions, c’est intéressant mais le véritable pouvoir est politique en France et nos institutions sont faites pour ça », assure Nicolas. Ils n’excluent donc pas de refaire parler d’eux, lors des législatives cette fois.

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