La saison s'achève dans les marais salants de Guérande. Et à l'approche du bilan, les quelque 300 paludiers du bassin ne sont pas à la fête. La météo maussade de cet été n'aura permis que quelques prises médiocres. A peine plus de 2 200 tonnes seront ainsi recueillies au sein de la coopérative des Salines de Guérande, selon l'estimation de la structure, qui regroupe 194 producteurs. Loin, très loin, des deux dernières années fastes, qui pointaient à 20 000 et 14 000 tonnes. « On est tous un peu dépités, mais c'est le propre de notre métier d'être totalement dépendants des conditions climatiques, raconte Camille Malbois, de la coopérative. Des petites années, il y en a eu, il y en aura d'autres. Il n'y a pas d'inquiétude car nous disposons de réserves suffisantes pour fournir les clients. » « Quand une récolte est entrecoupée de pluie, quand la production est fréquemment arrêtée, la qualité est moindre. La proportion de sel Label rouge dans une saison comme celle-ci va donc être très réduite », constate Michel Coquard, paludier depuis trente ans. Un dépit partagé par les paludiers indépendants qui, eux, ne bénéficient pas de la stabilité de revenus qu'offre la coopérative. « On a sauvé un peu les meubles en septembre, mais le bilan ne sera vraiment pas terrible, regrette Guillaume Pain, producteur à Batz-sur-mer. Il y aura beaucoup d'écarts entre salines et producteurs. C'est particulièrement difficile pour ceux qui viennent de s'installer et ont peu de stocks. Mettre de côté pour ne pas être victime d'une mauvaise saison, cela fait partie de la mentalité du paludier. »