Nantes: Humaid met le financement participatif au profit des personnes dans le besoin

SOLIDARITE Six mois après son lancement, la plateforme de crowdfunding nantaise tire un bilan très positif...

Julie Urbach

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Illustration du site internet Humaid

Illustration du site internet Humaid — J. Urbach/ 20 Minutes

Il n’y a ni invention farfelue à financer ni artiste à faire décoller. Depuis six mois, Humaid prouve que la solidarité a sa place sur Internet. Cette jeune plateforme de financement participatif, basée à Nantes, propose à des personnes fragiles de récolter les sous dont ils ont besoin, auprès des internautes, pour pouvoir faire face à leurs difficultés du moment.

Grâce à Humaid, le petit Nathan, atteint d’une maladie neurologique, a par exemple pu partir en Espagne pour suivre une thérapie non remboursée par la Sécu. Simon, issu d’une famille modeste, pourra quant à lui financer sa formation d’entraîneur de foot à Cholet. Au total, cinq projets ont déjà été mis en ligne, tous financés à 100 %.

Sans contrepartie

« Ce premier bilan, très positif, montre que l’on peut utiliser le numérique pour rapprocher les gens, se félicite Pierre Durand, 32 ans, cofondateur de Humaid, basée à l’école Audencia. Et que l’on peut aussi donner sans contrepartie. » Mais pas sans garantie. « Nous proposons une traçabilité des dons, continue Pierre Durand. L’argent est toujours versé à un prestataire, par exemple à un bailleur s’il est question de logement. »

Les internautes donateurs peuvent demander à recevoir des nouvelles des personnes dont ils ont participé à changer la vie. La plateforme assure aussi ne sélectionner que des personnes qui ont déjà contacté les organismes sociaux, sans avoir obtenu de réponse financière.

« J’ai frappé à toutes les portes, sans succès »

C’est le cas de Françoise, 55 ans, qui a besoin de 2.000 euros pour équiper son appartement afin de l’adapter à sa maladie respiratoire. « J’ai besoin de rendre lessivables tous mes meubles, il me faut aussi un aspirateur très performant si je ne veux pas être de nouveau hospitalisée. J’ai frappé à toutes les portes sans succès, rapporte cette Nantaise du quartier Carcouët. Demander à ma famille était trop douloureux donc je n’avais plus le choix… Là, c’est encore un peu gênant mais il y a un peu de distance. »

Les projets financés, autour des thèmes du logement, de la santé ou de l’insertion professionnelle, concernent pour le moment la région Pays de la Loire. Avant un éventuel développement si le projet continue à susciter un tel engouement.