Un enseignant en informatique de l'Ecole des mines de Nantes (EMN) a mis au point un logiciel, Thémis, pour mettre fin au plagiat pratiqué par certains de ses étudiants. Sa discipline était en effet l'une des dernières où il était facile de tromper la vigilance des logiciels classiques de détection des simples copiés-collés de textes. « Il suffisait d'apporter de légères modifications au fichier de base, et le tour était joué », raconte Romuald Debruyne. De plus, « quand les correcteurs se partageaient les copies en petits groupes, il était impossible de s'apercevoir des échanges entre étudiants de groupes différents », poursuit l'enseignant. « Cela posait au final un vrai problème d'injustice, car certains bons élèves avaient des notes inférieures à celles de ceux qui trichaient. »
Grâce à des « mouchards », Thémis - baptisé ainsi du nom de la déesse grecque de la justice - repère donc les « ressemblances troublantes » dans les fichiers à trous ou les programmes que doivent concevoir les futurs ingénieurs. Et tout cela, « en moins de trente secondes ». Le logiciel poursuit aussi un but pédagogique : s'assurer que chaque étudiant a bien acquis les compétences requises. En fonction des erreurs commises, l'enseignant pourra alors l'aiguiller vers les exercices complémentaires adéquats. « Ça a d'autant plus de sens que les élèves n'osent parfois pas soumettre des solutions erronées à leurs profs », rapporte le papa de Thémis. « Ils auront désormais la possibilité d'avoir un outil jugeant de leurs travaux. »