Jean-Christophe Archambault
directeur régional de la SNCF.
Les rugbymen anglais arrivent aujourd'hui à la gare de La Baule, des milliers de supporters sont attendus ce week-end à la gare de Nantes, la SNCF est sur le qui-vive pour la Coupe du monde...
L'enjeu est énorme : on montre notre savoir-faire à l'étranger. Nous sommes transporteurs officiels des équipes et, à ce titre, on ne peut pas se louper. Nous gérons cela comme une période de grands départs, avec une cellule de crise permanente. C'est un gros boulot technique mais le personnel est très enthousiaste.
Les nombreux travaux de modernisation du réseau, eux, se poursuivent. Quels effets pour les voyageurs ?
L'électrification de la ligne Nantes-Les Sables va profiter à tout le département. C'est un chantier énorme, un travail complexe jour et nuit car le trafic est maintenu. Fin 2008, les usagers venant de Paris et voulant aller en Vendée n'auront plus à changer de train et profiteront enfin d'une ligne fiable et confortable.
Et la gare de Nantes ?
On y construit un quai supplémentaire qui sera achevé au printemps. Plus on a de la place pour mettre des trains, moins on est sensible aux événements imprévus. C'est particulièrement important à Nantes où la gare est proche de la saturation. Les difficultés se concentrent en gare Nord car c'est par là que passe l'essentiel des flux. Elles concernent les quais, le stationnement, le sous-terrain...
Y a-t-il urgence à agir ?
Pour l'instant, rien n'est dramatique. Mais quand on voit les projets de développement, l'arrivée du tram-train en 2010 notamment, c'est clair qu'il ne faudra pas trop attendre pour faire quelque chose. Tout le monde est d'accord pour reconnaître que la gare n'est pas au niveau de la ville aujourd'hui. Une réflexion est en cours avec Nantes métropole.ll faut bien comprendre qu'environ 20 millions de personnes viennent en gare de Nantes chaque année pour prendre un train, retirer un billet ou faire une course.
On vous reproche souvent un manque d'information en cas de retard...
C'est l'une de nos priorités, on a beaucoup d'efforts à fournir dans ce domaine. Les exigences des clients ont augmenté et c'est normal. On s'en est rendu compte l'an passé entre octobre et avril où on a été confrontés à un grand nombre de pannes et de travaux dans la région. L'objectif, c'est apporter l'information par anticipation. On teste par exemple en ce moment des SMS individualisés.
La fréquentation des TER explose, les projets de ferroutage se développent. Le train fait-il sa révolution ?
Ça a déjà commencé et ça ne va plus s'arrêter. Le conseil régional mise sur le train et il a raison. Les questions environnementales, économiques sont favorables. On le voit bien, le profil des voyageurs change, la durée de voyages s'allonge (50 minutes en moyenne en TER). A nous de montrer qu'on sait faire.
Recueilli par Frédéric Brenon