Plusieurs milliers de personnes ont assisté, ce dimanche après-midi, au premier défilé du carnaval de Nantes. Sous le thème de « Voyager autour du monde », les spectateurs ont pu contempler 18 chars dédiés à différents pays. Un événement organisé par l’association Nemo et préparé depuis le mois de septembre par les carnavaliers. Pour rendre la fête encore plus folle, et leurs chars encore plus spectaculaires, les carnavaliers ont dû se moderniser.

« Depuis toujours on utilise la mécanique, sauf qu’elle était manuelle, explique Cyril Duret, vice-président de l’association Nemo. Vers les années 90, pas mal de carnavaliers ont commencé à s’équiper pour améliorer et rendre leur char plus vivant. »

Voici les coulisses du char avec la voiture de Barack Obama et Fidel Castro.
Voici les coulisses du char avec la voiture de Barack Obama et Fidel Castro. - Adrien Chauvin

Des technologies plus accessibles

Il y a encore quelques années, ces technologies « n’étaient pas abordables à tous », explique Yvon, carnavalier depuis une vingtaine d’années et qui a travaillé sur le char Costa Rica nous voilà. « On n’avait pas tous accès à ce genre d’équipements. Il était difficile de faire bouger ses personnages, d’autant plus qu’on n’avait pas tous les compétences pour réaliser de tel char. La majorité des carnavaliers n’étaient que de simples peintres et n’y connaissaient rien en mécanique. »

Sans l’électronique, qui se cache dans les chars, on n’aurait pas pu voir marcher les bœufs de Yvon, ni son volcan cracher de la fumée. Ni même applaudir un singe danser la samba sur le char Rififi à Rio, dont Cyril Duret est l'un des bâtisseurs.

« Avant, on utilisait des moteurs de machine à laver ou d’essuie-glace », en rigole Christophe, co-créateur du char Le sushi, c’est qu’j’peux pas l’saké. Malgré l’évolution, les appareils ont des mouvements fixes (de gauche à droite par exemple). Du coup dès la conception du char, il faut adapter la structure de ces mécanismes.

L’arrivée du polystyrène a tout changé

Un autre matériau a fait son apparition depuis quelque temps : le polystyrène. Pour le co-créateur du char Cuba Fidel à l’américaine, l’utilisation de cet élément a révolutionné les chars : « Au départ c’était du grillage et on n’arrivait pas à faire toutes les formes qu’on voulait. Il était quasiment impossible de faire des bosses. Maintenant c’est plus simple, on en fait ce qu’on veut et on le peint facilement. » Aujourd’hui il est possible de réaliser des œuvres qui nécessitent quelques détails. Comme cette très belle Tour de Pise impossible à bâtir avec seulement du grillage !

Réaliser la Tour de Pise n'aurait pas été possible avec du grillage.
Réaliser la Tour de Pise n'aurait pas été possible avec du grillage. - Adrien Chauvin

Plusieurs petites choses ont aussi évolué à travers le temps. Les sonos sont de meilleure qualité. Même si la musique est toujours aussi forte, « le son est plus propre », s’amuse Yvon. Lors du défilé de nuit samedi prochain, tous les chars seront illuminés par des ampoules LED. Plus puissantes, et avec une durée de vie plus longue, elles font le bonheur de Cyril Duret : « On les garde en général cinq ans. C’est plutôt un bon investissement. De toute façon, si on n’utilise plus un composant, on le revend en occasion. »

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