La salle de cours
La salle de cours - J. Urbach/ 20 Minutes
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Depuis trois semaines, dans un vaste entrepôt de Bouguenais, près de Nantes, les ordinateurs chauffent et les parties de League of Legends s’enchaînent. Mais les élèves de ce centre de formation particulier ne passent pas leur temps en pause, bien au contraire. La « esport academy » est la première école en France dédiée à ce que l’on appelle le sport électronique, la pratique d’un jeu multijoueur en ligne.

Quinze garçons entre 19 et 27 ans y ont démarré fin janvier une formation de neuf mois afin de « faire de leur passion un vrai métier », pour la plupart. Si une poignée d’entre eux rêve de devenir joueur pro (et gagner parfois plusieurs milliers d’euros), la majorité se destine à travailler dans le reste de ce secteur en pleine expansion.

Un marché qui explose

Alors que le gouvernement commence à se pencher sur l’encadrement juridique du e-sport, Fabien Goupilleau, à la tête de l’école, assure que la scène française va se professionnaliser à vitesse grand V. « C’est un marché qui explose, avec beaucoup de débouchés, assure le cofondateur. Il y a besoin de joueurs mais surtout de coaches, community managers, organisateurs d’événements… »

Sur ce dernier point, l’engouement du public donne le tournis. En novembre dernier, la finale des mondiaux de League of Legends a réuni 17.000 spectateurs à Berlin et 36 millions derrière leur écran, sur toute la planète. Le Zénith de Paris a récemment été plein de fans de Call of Duty. « C’est une communauté énorme, estime Julien, 19 ans, l’un des élèves. Il faut que le e-sport soit mieux reconnu. Avec l’école, on est sur la bonne voie ! »

Théorie le matin, parties l’après-midi

Les élèves vont donc apprendre à Bouguenais tout ce qu’il faut pour intégrer ce milieu très codé. Le matin, des cours théoriques abordent psychologie, management ou « cohésion de groupe », « une qualité indispensable », insiste Cédric Rivière, responsable pédagogique. Ils vont aussi apprendre à monter des projets, trouver des sponsors, maîtriser le montage vidéo, les réseaux sociaux ou le commentaire de parties en direct (dont les adeptes du streaming tirent pour certains de belles sources de revenus).

L’après-midi, c’est entraînement avec les meilleurs joueurs français, 5 à 7 heures d’affilée. « On joue ensemble, on revisionne mes parties sur Skype, explique Lucas, 20 ans, ancien boulanger qui veut devenir joueur de Heroes of the Storm. En quelques séances je fais déjà beaucoup moins d’erreurs. Je sens que j’avance ! »

Une préparation physique aussi…

Au-delà des cours, c’est une vraie discipline que l’« academy » veut inculquer. « Comme pour le sport, il faut une préparation mentale mais aussi physique : les matches peuvent durer cinq heures », selon Cédric Rivière.

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A la « esport academy », où les élèves sont hébergés dans des dortoirs (pour 500 euros par mois, enseignement compris), pas question de passer la nuit derrière son écran ou de s’empiffrer de pizzas. Repas équilibrés et séances de (vrai) sport en salle sont encouragés. Un moyen aussi de tenter de s’affranchir des clichés.

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