François Baccheta, directeur Easyjet France.
François Baccheta, directeur Easyjet France. - CHAUVEAU/SIPA

Huit ans après son arrivée à Nantes-Atlantique, EasyJet s’est imposé comme la deuxième compagnie de l’aéroport en nombre de passagers transportés (derrière Air France). L’opérateur low-cost britannique y a d’ailleurs célébré son trois millionième client en janvier. Entretien avec son directeur en France, François Baccheta.

EasyJet ouvre en 2016 ses neuvième et dixième lignes au départ de Nantes-Atlantique. Que pensez-vous de cet aéroport ?

Nantes, c’est une bonne escale avec une bonne qualité de service. C’est un aéroport simple et opérationnel, géré professionnellement par des équipes avec qui on travaille en intelligence depuis fort longtemps. Il n’y a absolument aucun souci. Nantes-Atlantique a aussi une qualité particulière : sa situation géographique. C’est à la fois près de la ville et près de la côte. Et donc ça réduit le temps d’accès des clients à la destination finale. Le positionnement de l’aéroport est très bon.

Cette proximité avec la ville centre, c’est donc un atout par rapport à d’autres aéroports français ?

Bien entendu. Je vous donne un exemple parisien : Orly c’est plus agréable que Roissy car plus proche de Paris. Si vous êtes en voyage d’affaires ou en week-end, plus il y a de proximité, mieux c’est.

La direction de Nantes-Atlantique évoque des pics de saturation, de plus en plus nombreux, à certains moments de l’année. Les ressentez-vous en tant qu’opérateur ?

Pour l’instant non. J’ai le sentiment qu’on a de la place pour se développer. Après, il peut y avoir des pics de trafic en haute saison parce qu’il y a des charters qui ne volent qu’à ce moment-là : ça c’est autre chose. Nous, on a des vols réguliers, on utilise les infrastructures toute la journée, toute l’année. S’il y peut y avoir des inconvénients, ce n’est pas un sujet pour nous. On fait des croissances à deux chiffres.

« Etre plus proche de Rennes, ça renforcera notre zone de chalandise »

Quel regard portez-vous sur la perspective d’un transfert à Notre-Dame-des-Landes ?

C’est très simple : on se posera là où on nous le dira. Voilà. C’est tout.

C’est un sujet tabou ?

Non, mais on n’a pas de position particulière vis-à-vis du nouvel aéroport. Aujourd’hui, je vous dis qu’on opère très bien à Nantes-Atlantique. Maintenant, pour la région, est-ce que Notre-Dame-des-Landes est nécessaire ou pas ? Je ne suis pas le meilleur pour le dire. Si ça ferme, on ira à Notre-Dame-des-Landes. Si ça reste, on restera ici. Un aéroport, de telles infrastructures, ça se prévoit sur le très long terme. Je ne peux pas dire ce que sera le trafic à Nantes dans 20 ans.

Vous dites que la proximité avec le centre-ville est un atout. Un nouvel aéroport, plus éloigné que l’actuel (30 km au lieu de 12 km), pourrait-il être un inconvénient pour EasyJet et ses clients ?

Oui, mais, après, s’il y a plus de capacité, on pourra peut-être s’étendre. Et on sera aussi plus proche de Rennes. Sans doute que ça renforcera la zone de chalandise. Il y aura d’autres qualités et d’autres désavantages. Mais, encore une fois, la question centrale c’est : est-ce qu’à Nantes-Atlantique il y a les capacités pour se développer à 20-30 ans ? Moi, je n’en sais rien. Ce qu’il nous faut, c’est une infrastructure pour voler dans la région. Si celle-là est saturée, évidemment, ça nous poserait un problème. Aujourd’hui elle ne l’est pas. Mais peut-être que demain elle le sera. Et si c’est saturé on s’en plaindra.

Notre-Dame-des-Landes, c’est un sujet dont on parle beaucoup entre compagnies ?

Franchement, non. On a déjà assez à s’occuper de nous-mêmes. Les questions spécifiques des nouveaux aéroports, on verra quand on y sera.

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