Du bar à la barre. Vingt-sept personnes sont jugées à partir d'aujourd'hui à Nantes, dans l'affaire dite des bars à hôtesses. En décembre 2004, une dizaine d'établissements avaient été fermés et une quarantaine de personnes arrêtées. Elles étaient soupçonnées d'avoir alimenté, depuis 2001, un vaste réseau de prostitution et de blanchiment d'argent.
D'après les enquêteurs, les prestations sexuelles étaient « la contrepartie immédiate » des bouteilles de champagne achetées. Les profits tirés auraient été en partie réinvestis dans un complexe immobilier à Phuket (Thaïlande). Pour l'anecdote, celui-ci a été épargné par le tsunami, survenu quelques jours après le coup de filet policier.
Une partie des bénéfices n'aurait par ailleurs pas été déclarée aux services fiscaux. « L'argent était encaissé sur les comptes bancaires d'amis, de connaissances ou de clients occasionnels, avant d'être reversé en liquide aux patrons des bars », explique-t-on au parquet de Nantes.
Au coeur du procès, figure Didier Chevalier, un ancien ouvrier chaudronnier de 50 ans, qui a acheté son premier bar au début des années 1990. « On le décrit comme le patron du milieu nantais, mais ça n'a aucun sens », s'insurge son avocat, Yvan Trebern. Il a simplement racheté des bars à des gens du milieu, et certains de ses clients en étaient. » L'un de ses frères, poursuivi pour les mêmes faits, fait l'objet d'un mandat d'arrêt. Il se trouverait aujourd'hui en Thaïlande.