VIDEO. Notre-Dame-des-Landes: Les agriculteurs montrent les muscles et avertissent l'Etat

AEROPORT Le collectif Copain 44 est prêt à défendre ses collègues agriculteurs dont l'expulsion a été prononcée par la justice lundi...

Frédéric Brenon

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Les tracteurs protégeant symboliquement la ferme de Marcel Thebault mercredi 27 janvier 2016.

Les tracteurs protégeant symboliquement la ferme de Marcel Thebault mercredi 27 janvier 2016. — F.Brenon/20Minutes

C’était une simple conférence de presse. Mais pour ce rendez-vous informel ce mercredi midi, le Copain 44, collectif d’agriculteurs opposés au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a réuni en quelques minutes près de 70 tracteurs autour de la ferme de Marcel Thebault, l’un des quatre exploitants agricoles expulsables depuis la décision du tribunal de grande instance de Nantes lundi. « On vous laisse imaginer notre capacité de réaction si les travaux devaient démarrer », assurent les membres du collectif.

« Nous serons des centaines, ici et ailleurs »

Extrêmement remontés par les expulsions prononcées, lesquelles « n’ont fait qu’accroître la colère et la solidarité contre le projet », les agriculteurs lancent un avertissement à l’Etat et à Vinci. « A la moindre tentative de passage en force, il y aura une grande résistance. Nous serons des centaines à protéger les fermes, à tout bloquer, ici et ailleurs. Nous sommes prêts, on a plein d’idées », prévient Vincent Delabouglisse, porte-parole de Copain 44.

Le tribunal de grande instance de Nantes a autorisé lundi l’expulsion de onze familles installées sur la future zone aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes. Huit d’entre elles bénéficient d’un délai de deux mois. L’expulsion des quatre exploitations agricoles a également été validée, sans délai. En théorie, les cheptels et biens peuvent donc être saisis d’un jour à l’autre. Un huissier de justice est d’ailleurs venu mardi et mercredi voir les intéressés afin de leur notifier le jugement.

 Marcel Thebault, l'un des habitants expulsables, ce mercredi.

Les expulsables devenus des « porte-drapeaux »

« Nous paysans, nous ne pouvons admettre que nos collègues soient considérés comme des malfrats qu’on peut virer comme des malpropres, déclare le collectif. Ces paysans historiques sont devenus des porte-drapeaux du développement du territoire, de la protection de biodiversité et de la relocalisation de la production alimentaire. »

Copain 44 appelle donc le gouvernement et le président Hollande à « faire preuve d’humanité », à annoncer « la suspension de toutes les procédures d’expulsion jusqu’à l’aboutissement de la totalité des recours juridiques » et à prononcer « l’annulation de la Déclaration d’utilité publique (DUP) » du projet.