Sylvain Fresneau, sa femme, et Marcel Thebault, habitants et agriculteurs expulsables. L.Venance/AF
Sylvain Fresneau, sa femme, et Marcel Thebault, habitants et agriculteurs expulsables. L.Venance/AF - AFP

Le tribunal de grande instance de Nantes a autorisé ce lundi l’expulsion de onze familles et quatre agriculteurs demeurant sur la future zone aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes. Les familles ont toutefois obtenu un délai de deux mois pour partir et aucune astreinte financière n’est imposée par le juge. Les cheptels et biens des quatre exploitations agricoles, eux, peuvent, théoriquement, être saisis sans délai.

« On résistera, quitte à aller en prison »

Les habitants concernés sont évidemment « abattus » mais il est difficile, pour l’heure, de savoir avec certitude s’ils braveront la décision de justice.

« C’est une catastrophe pour les familles et pour l’agriculture. On a des vaches, on a semé des cultures. Deux mois pour déménager, c’est impossible. Faut être réaliste. Des sous pour partir, on n’en veut pas. Si les gendarmes se présentent, on résistera, quitte à aller en prison. On fera appel à nos soutiens », commente à chaud Sylvain Fresneau, agriculteur et habitant expulsable. Avant d’ajouter : « On a besoin de réfléchir, de digérer la nouvelle. »

« Mon père est né ici, ça va être très difficile »

« Nous sommes furieux, nous nous sentons méprisés, réagit Marcel Thebault, agriculteur vivant avec son épouse et deux enfants. Le délai est tout de même une bonne chose. Deux mois, ça nous laisse le temps de discuter en famille de ce qui est bien ou pas, ce qu’on peut faire supporter à nos enfants. Ça nous laisse aussi le temps de nous concerter entre agriculteurs, voir ensemble comment on peut porter cette épée de Damoclès. »

« La décision n’est pas à la hauteur de ce qu’on espérait, même si ça aurait pu être pire. Mon père a 84 ans, il va falloir qu’il déménage. Il est né ici. Ça va être très difficile. On doit y réfléchir ensemble », commente Dominique Fresneau, vice-président de l’Acipa, principale association opposée au projet d’aéroport.

La grande majorité avait accepté un départ amiable

Les propriétaires et locataires expulsables refusent de quitter leurs maisons et fermes situées sur la future zone aéroportuaire, alors qu’ils font l’objet d’une mesure d’expropriation depuis 2012.

AGO-Vinci, concessionnaire du futur aéroport, réclamait leur départ immédiat, assorti d’une astreinte financière quotidienne d’au moins 200 euros et d’une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s’ils refusent d’obtempérer.

Quelque 244 habitants de la future zone aéroportuaire et 35 agriculteurs avaient, eux, choisi d’accepter leur départ à l’amiable.

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