Notre-Dame-des-Landes: Des riverains collectent plus de 1.600 signatures pour l'évacuation de la ZAD

PROJET D'AEROPORT Béatrice et Guy Lamisse ont rencontré le préfet de Loire-Atlantique ce mardi...

Julie Urbach

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Guy et Béatrice Lamisse devant la préfecture

Guy et Béatrice Lamisse devant la préfecture — J. Urbach/20 Minutes

Ils craignent des représailles mais témoignent à visage découvert. Béatrice et Guy Lamisse, un couple de soixantenaires, ont remis ce mardi au préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet, la pétition qu’ils ont lancée il y a quelques semaines. Ces Nantais, maraîchers de profession, sont propriétaires de deux maisons situées aux abords de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (près de Vigneux-de-Bretagne). Ils disent avoir réuni à ce jour 1.628 signatures de riverains demandant l’évacuation de la ZAD, et ont fait part au préfet d’une situation qu’ils jugent « invivable ».

« Par moment, j’ai peur »

« Nous ne sommes ni pour ni contre l’aéroport mais ça ne peut plus durer, s’indigne Béatrice Lamisse. Les riverains de la ZAD sont victimes de vols à répétition, j’ai été menacée par des hommes cagoulés dans mon jardin. Par moments, j’ai peur. Nous avons été victimes de deux vols par effraction, avec des dégâts importants. Maintenant, ce sont des intimidations verbales. » « Notre projet était de finir la rénovation de ces maisons dans lesquelles nous avons passé de supers moments. Mais depuis 2012 tout ça est au point mort », se désole Guy Lamisse.

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Si l’évacuation ne se fait pas rapidement, le couple, qui assure avoir déposé six plaintes en 2015, demande en tout cas au préfet « le retour des forces de l’ordre sur la zone ». « Ils n’interviennent plus, continue Guy Lamisse, qui assure que lui ou sa femme se rend tous les jours sur la ZAD. Lors de la dernière effraction, personne ne s’est déplacé pour les constatations. On nous a une fois de plus demandé de prendre des photos… » A la suite de leur entretien en préfecture, le couple ne semble pas confiant. « Le préfet a pris acte mais la décision se prend beaucoup plus haut. Nous ne sommes pas très rassurés pour la suite. »

Des rapports de bon voisinage

« Une très grande partie [des habitants des bourgs alentour] entretient des rapports de bon voisinage avec les occupants de la ZAD », ont réagi il y a quelques jours des occupants de la ZAD dans un communiqué, faisant tout de même état de « quelques incidents ». Au sujet de la maison du couple, il s’agit d’un lieu « malencontreusement squatté brièvement il y a deux ans contre l’avis de ses anciens habitants et laissée vide depuis », assurent-ils. « Des liens denses se sont tissés dans la lutte et on peut affirmer sans risque de se tromper que la solidarité locale sera de nouveau au rendez-vous en cas de nouvelle tentative d’expulsion de la ZAD. »