Travaux à Notre-Dame-des-Landes: «Bonne nouvelle» pour certains, «trahison» pour d'autres

PROJET D'AEROPORT Les réactions se multiplient depuis l'annonce, vendredi soir, de la «reprise des travaux» sur le site...

Julie Urbach

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Illustration du site de Notre-dame-des-Landes

Illustration du site de Notre-dame-des-Landes — S. Salom Gomis/SIPA

Depuis l’annonce surprise de la préfecture, vendredi soir, concernant « la reprise des travaux » sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les réactions affluent. L’appel d’offres lancé pour des opérations de débroussaillage et de rétablissement d’accès du site ne sonne pas pareil chez les défenseurs et les opposants.

Les pro-aéroport applaudissent

« La démocratie et l’Etat de droit seront respectés et l’Aéroport du Grand Ouest se fera », a applaudi Alain Mustière, le président des Ailes pour l’Ouest. « Une excellente nouvelle pour tout le Grand Ouest car on va pouvoir créer les 3.500 emplois et 5.4 millions d’heures de travail concernés par ce chantier », estiment de leur côté les présidents des CCI des Pays de la Loire et Bretagne.

« Ces décisions étaient attendues et logiques, ont réagi samedi soir Jacques Auxiette, président de région, Jean-Marc Ayrault, Christophe Clergeau, ou encore Johanna Rolland, qui signent un communiqué commun avec une quinzaine d’élus socialistes. Ces décisions sont de bons sens au regard de l’évolution du trafic aérien dans l’Ouest ». « Plus aucune procédure, ni en France ni au niveau européen ne conteste le bienfondé de la décision de transférer l’aéroport », écrivent-ils.

Les opposants dénoncent un double discours

Un avis qui n’est pas partagé par les opposants au projet, suspendu depuis 2012. « Les associations ont fait appel des recours « loi sur l’eau » et « espèces protégées » le 17 septembre 2015. Le temps juridique évoqué par François Hollande est donc loin d’être épuisé », rappelle l’Acipa (la principale association d’opposants au projet), en référence à l’engagement du président de ne pas engager les travaux avant l’épuisement des recours environnementaux.

Les candidats de la liste EELV aux régionales, qui parlent d’un double discours, s’insurgent également du calendrier de cette annonce, à quelques jours de la COP 21. « Comment peut-on, un mois avant de dérouler le tapis vert aux chefs d’Etats du monde entier (…), envisager de dérouler un tapis de béton au milieu de la plus grande zone humide d’Europe de l’Ouest (…) », s’interroge Sophie Bringuy, la tête de liste pour les régionales.

Et la ZAD ?

Après cette annonce, des habitants de la ZAD, qui parlent de « trahison » rappellent leur « détermination à empêcher toute tentative de démarrage des travaux ou d’expulsion de la ZAD ». Mais si aucun calendrier n’est pour le moment connu, d’autres voix s’élèvent de nouveau pour réclamer l’évacuation. « J’appelle désormais le gouvernement à faire preuve de courage et de fermeté en faisant évacuer la ZAD dans les plus brefs délais si les zadistes s’opposent au lancement du chantier », demande Bruno Retailleau, qui mène la liste des Républicains pour les élections régionales.

Redoutant un passage en force, l’Acipa a prévenu sur son compte Twitter : « Comme à Sivens, le gouvernement portera l’entière responsabilité de tout drame qui surviendrait. »