Des opposants au projet d'aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, mardi matin. AFP / J-FR MONIER
Des opposants au projet d'aéroport sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, mardi matin. AFP / J-FR MONIER - AFP

Les rassemblements et barrages routiers des opposants à l’aéroport mardi matin sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ont été marqués par de nouvelles manifestations d’hostilité visant les médias.

Plusieurs journalistes ont essuyé insultes et menaces verbales. Deux véhicules ont été dégradés. Un reporter de France Bleu Loire Océan a été bloqué physiquement dans sa voiture par des individus masqués pendant que ceux-ci crevaient ses pneus. Tous avaient pourtant répondu, à l’origine, à l’invitation d’un point presse organisé par des occupants de la ZAD.

« Le point presse se tenait près d’un barrage où il ne se passait rien, raconte un journaliste nantais. On s’est donc déplacé à un autre carrefour où, là, des anti-aéroport et les forces de l’ordre se faisaient face. L’ambiance n’était pas du tout la même : il y avait des dizaines de gens cagoulés, avec des bâtons, des projectiles. C’est à partir de là qu’on a été pris à partie. Ils ne voulaient pas qu’on voit ça. »

Coup de gueule du Club de la presse

Autant d’agissements qui ont poussé le Club de la presse Nantes-Atlantique à exprimer un « ras-le-bol ». « Une fois de plus, les journalistes ont été pris pour cibles et empêchés de faire leur travail », dénonce l’association de journalistes dans un communiqué.

Son président, Jean-Michel Nagat, précise : « Cela fait des années que nous subissons intimidations et obstructions à notre travail sur la ZAD. Lors d’une manifestation fin 2012, on nous avait remis des brassards jaunes pour être identifiés. Dans la mesure où on ne peut pas circuler, pas filmer, pas prendre de photos ou poser des questions librement, la ZAD est une zone de non-droit. »

« Les journalistes doivent aussi se poser la question de ce qu’ils font »

Un occupant de la ZAD, chargé des relations avec la presse, livre son point de vue: «La ZAD est composée de gens différents, on ne peut pas gérer tous les individus. Les journalistes étaient invités mardi à un endroit mais ils sont allés à d’autres carrefours. Il ne faut pas s’étonner que certains n’apprécient pas. Les journalistes doivent aussi se poser la question de ce qu’ils font. Les choses qui sont dites sont la plupart du temps fausses ou déformées. Ils revendiquent la liberté de la presse, mais nous aussi on a la liberté d’exister et de ne pas être filmé ou photographié. On n'est pas tous d'accord entre nous au sujet des médias. Mais, pour la majorité, les journalistes sont considérés comme des collabos, qui aident la police, et ne sont pas les bienvenus.»

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« On n’a aucune emprise », regrette l’Acipa

Pointée du doigt par le Club de la presse, qui lui demande de « prendre les mesures nécessaires pour que ça ne se reproduise plus », l’Acipa, principale association opposée au projet d’aéroport, laquelle n’appelait pas au rassemblement mardi matin, se dit impuissante. « Ce qui s’est passé est intolérable, on le dénonce, affirme Julien Durand, porte-parole de l’Acipa. Mais ce sont des actes qui relèvent du fonctionnement interne de la ZAD. On n'a aucune emprise là-dessus. Je pense même que ça nuit à notre cause.»

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