Nantes: Des centaines de photos des années 1900 oubliées reprennent vie sur Internet

PATRIMOINE L'arrière petit-fils de Victor Girard, photographe nantais du siècle dernier, a retrouvé 300 clichés d'époque et les a numérisés...

Julie Urbach

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Les chantiers navals Dubigeon Lancer le diaporama

Les chantiers navals Dubigeon — V. Girard/ Famille Quennec

Cela fait 60 ans qu’il n’est plus de ce monde. Pourtant, depuis quelques semaines, Victor Girard, photographe professionnel nantais du siècle dernier, a un compte Twitter à son effigie et désormais un site Internet, en ligne depuis début mars.

Sur le réseau social sont postées quotidiennement des photos jaunies de la cité des ducs dans les années 1900: de la place Royale à l’hippodrome du Petit-Port, mais aussi des vues de bateaux, vendeuses de lait, pompiers, de la guerre, ou simplement d'habitants dans leur vie quotidienne…  Un précieux témoignage de l’époque dont profitent, à ce jour, plus de 500 abonnés. Et qui aurait pu ne jamais refaire surface.

Un scanner pour tout numériser

«Ces photos sont dans la famille depuis toujours, explique Nicolas Quennec, 42 ans, arrière-petit-fils du photographe, qui se cache derrière cette démarche. Elles étaient conservées dans une armoire fermée, que l’on ouvrait de temps à autre, pour les regarder. Quand j’étais ado, je ne me rendais pas compte qu’elles étaient intéressantes. Mais il y a quelques années, après le décès de ma grand-mère, j’en ai pris conscience: j’ai acheté un scanner et j’ai tout numérisé». Une pile de 300 clichés.

Des marchandes de lait place Royale - V. Girard/ Famille Quennec

Avant que les internautes ne puissent en profiter, c’est Krystel Gualdé, conservatrice et chargée du développement scientifique au château des Ducs de Bretagne qui a eu la primeur de les découvrir, il y a à peine trois ans. «On nous amène fréquemment des documents mais quelque chose d’aussi beau, c’est très rare, juge-t-elle. Il y a dans ces photos quelque chose d’inédit: elles nous montrent une ville vivante et dynamique, à hauteur des hommes et des femmes. C’est un fonds important, d’une grande richesse.»

Bientôt une expo et un site Internet

A tel point qu’en 2016, une vingtaine de ces photos retrouvées intègreront la collection permanente du château. En prélude, un site Internet préparé par Nicolas Quennec «en hommage» à son arrière grand-père a vu le jour début mars. «Une mémoire 2.0», sourit l'arrière-petit-fils, qui organise régulièrement des jeux-concours sur Twitter, avec des agrandissements à gagner.

Livraison de barriques de muscadet à Nantes vers 1900 - V. Girard/ Famille Quennec

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